This Will Destroy Your Ears

Funland

 

Pour leur collection automne/hiver, les membres de This Will Destroy Your Ears nous proposent (à première vue), un rock assez conventionnel qui fantasme l’Angleterre des années 80 et 90. Mais à les écouter de plus près, on se rend compte qu’il y a bien du neuf cette saison. Le trio n’hésite pas à explorer, revisiter et réinventer de façon magistrale, un son connu de tous. On est alors enveloppé dans un univers sonore de toute beauté, et totalement anachronique. Dans un monde meilleur, cet album méritait mieux qu’un simple papier. On s’en contentera car certains ne sont pas mécontents de leur statut de secret bien gardé. Alors, que nous racontent les landais ? Une fuite en avant nihiliste, imposée par une ambiance en déliquescence, qui contemple un glorieux héritage ? La réponse à cette question est réservée à leurs survivants. Comme par peur de l’ennui, la forme des morceaux, à la structure très libre, renvoie inévitablement à certaines formations britanniques. Les critiques, qui aiment bien ranger leurs affaires dans des tiroirs, appelleront ça du post-punk (capable de se transmuter à chaque instant). Ce qui impressionne, c’est cette fluidité, cette légèreté qui habitent chacune de leurs compositions. Au milieu de cette sélection relativement homogène, on croise des morceaux qui sortent du lot (« Gorgeous Eve Holds a Banger Hammer » / « Stop that Wacky Show » / « This is Why » / « Orange Clown »). C’est beau, hypnotique et on a l’impression de rouler de nuit sur une autoroute entre Manchester et Liverpool. Après plusieurs écoutes, il faut retenir deux choses : ces dix titres possèdent un pouvoir attractif et le groupe réalise un sans-faute sur le plan de la diversité musicale tout en réussissant l’exploit de conserver malgré tout une certaine unité.

 

Arno Jaffré

 

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