Technopolice

Chien de la Casse

 

 

Orientée pop-rock, mais avec une écriture et une mise en place qui sortent des modèles traditionnelles (tout en restant naturelles et stimulantes pour l’esprit), la musique de Technopolice renoue avec une immédiateté innocente (sans exclure toutefois les beaux artifices de la production). Le quatuor oscille en fait entre une pop aux accents britanniques et de l’indie rock un peu plus insouciant que la moyenne. Les titres présents sur ce premier album illustrent parfaitement d’ailleurs ce compromis et le résultat est au rendez-vous. Ils s’inspirent également de l’ambiance punk-rock, mais sans aucune revendication et encore moins d’idéologie. C’est léger, frais, voire festif et aussi accessible qu’un tube de Green Day. Sauf qu’en y ajoutant des sonorités garage par moments, ils savent rester captivants, appliqués et pertinents. Même en se heurtant à une formule mainstream, le groupe possède un charme certain et un songwriting apte à toucher la fibre adolescente qui sommeille en chacun de nous. La plus value paraît du coup assez évidente, et les Marseillais nous offrent ici un ensemble convaincant, et bénéficiant de solides arguments. Autre point fort à mettre à leur actif, l’énergie déployée par l’étincelle chantante assurée par Charles Priem. Alors bien sûr que ce « Chien de la casse » (en référence à Mass Hysteria ?) comporte quelques maladresses, un style pas toujours très bien balisé, quelques longueurs dommageables, et des affinages à faire en termes de cohérence et d’énergie. Mais peut-on nier le plaisir que l’on ressent à l’écoute de ces onze pistes, qui portent haut les couleurs d’un rock français qui ose se frotter à ses modèles anglo-saxons, et qui le fait avec la manière ? Ils accouchent finalement d’un opus solide qui sait se montrer attachant, entêtant et enthousiasmant, même s’ il aurait mérité quelques coups de ciseaux.

 

Arno Jaffré

 

ARTICLES SIMILAIRES