Angers, 27 & 28 Juin 2025
Ce festival qui doit sa création au jumelage entre Angers et Austin (Texas) n’est autre que la version française de l’Austin Psych Fest, l’un des plus gros festivals de rock psychédélique au monde qui se déroule tous les ans aux États-Unis. Initié notamment par Alex Mass (The Black Angels), il se produisait pour la douzième fois dans la cité du Roi René. Malgré un marché très concurrentiel, une programmation moins fournie qu’à l’accoutumée (et légèrement aventureuse), Levitation France est devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs et amatrices de rock indépendant.
VENDREDI 27 JUIN
new candys
Mon arrivée sur le site se fait dans les meilleures conditions possibles et je découvre, assez enthousiaste je dois le dire, ce nouveau site situé à deux pas de la plage du Lac de Maine (quartier angevin à l’Ouest de la ville). Les italiens de NEW CANDYS ont déjà partagé la scène avec The Brian Jonestown Massacre, The Dandy Warhols ou bien The Black Angels. Inutile de préciser qu’ils ont largement leur place ici. C’est carré, bien calé et malgré un manque de folie évident, j’adhère immédiatement à leur son aux sonorités psychédéliques. Techniquement très au point, le quatuor transalpin remporte tous les suffrages. Le ton est donné. Les cinq musiciens de DITZ ne font qu’un sur scène et enchaînent les morceaux de bravoure. Au programme : du post punk décomplexé et sauvage avec une texture explosive. La réaction du public ne se fait pas attendre et leur prestation est superbement exécutée et suffisamment bien construite pour s’envoyer en l’air (et dans l’eau pour Cal Francis). HINDS est un groupe espagnol originaire de Madrid et pratique une musique qui sort des sentiers battus. Bien que très sympathique, leur indie rock teinté de pop manque cruellement de bouteille mais l’énergie déployée fait plaisir à voir. Le combo entièrement féminin divertit en live mais peine à me convaincre. Avec un état d’esprit encore plus libre que d’habitude (et un nouveau membre), les berlinois de KADAVAR vont balayer toutes les interrogations nées après la sortie de leur dernier album en date (I Just Want To Be A Sound). D’entrée de jeu, on comprend qu’avec eux, le futur va se conjuguer au passé. On aime les guitares qui vrillent, les batteries insistantes et les accélérations émancipatrices. L’apport d’un second guitariste est salutaire et les allemands se dirigent tout droit vers un sans faute. Danke Schön. Signé sur le label de Steve Shelley (batteur de Sonic Youth), BLONDE REDHEAD renvoie les spectateurs encore présents dans leur dernier retranchement. L’engouement autour de ces new-yorkais semble plus actuel que jamais malgré leur trente ans d’existence et leur set tout en nuances, a la capacité d’émouvoir et de nous faire voyager. De plus en plus à l’aise sur scène, le trio sublime ses morceaux en live. Le groupe maîtrise définitivement son art et nous laisse une impression plus que positive.
Ditz
SAMEDI 28 JUIN
Malgré un début de concert un peu timide, les locaux de REST UP arriveront ensuite à nous envoûter littéralement et finiront sous un tonnerre d’applaudissements. C’est une véritable découverte pour beaucoup, et bien qu’encore en pleine construction de leur identité scénique, le devoir est accompli. Leur premier album sortira au mois de septembre prochain. A suivre de près. Collectif né en 2020, HONESTY me laisse totalement de marbre. Il faut dire que leur attitude y est pour beaucoup. Leur show passe-partout et limite arrogant n’arrivera pas à m’intéresser et j’en profite pour aller me rafraîchir. Même son de cloche pour HEARTWORMS qui semble un peu perdu de se retrouver là devant nous. Et du coup, je me demande moi aussi ce que je fais là devant eux…et c’est pas beau à voir (autrement dit, direction le bar). N’étant pas un adepte des musiques électroniques (et dérivés), je fais volontairement l’impasse sur BDRMM. Bien trop mécanique à mon goût. La curiosité ? La meilleure des démarches et le moteur de toute singularité. Mais tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice (en espérant que vous ayez la référence).

BDRMM
Redescendons maintenant sur terre et dans l’ADN du festival avec BRYAN’S MAGIC TEARS, qui nous régale de son mélange hybride shoegaze-rock psyché. Au fur et à mesure des morceaux, qui se font de plus en plus pénétrants, la chaleur monte de quelques degrés et c’est la fièvre du samedi soir. Tous les corps bougent à l’unisson et c’est avec grand regret que l’on rouvre les yeux une fois le show terminé. Un vrai plaisir sensoriel et un concert en tout point admirable. On a beau les avoir déjà vus, la présence de THE LIMIÑANAS dans le running order sonne comme une évidence. Avec dans le line-up, la présence du guitariste Keith Streng (The Fleshtones), les Sudistes (originaires de Cabestany dans les Pyrénées-Orientales) nous inondent de titres très homogènes avec une volonté à peine voilée de balader leur auditoire dans des contrées jusqu’ici totalement vierges. C’est intense et l’ambiance est survoltée. Du très très haut niveau donc avec des explosions sonores, des riffs sur mesure, et des soli qui emmènent le public sur une autre planète (et une excellente reprise des Cramps). En fin de parcours, Lionel et Marie Limiñana, solidement épaulés par leurs complices, s’offrent toutes les libertés. Un son dévastateur sort des enceintes pour dix minutes de bonheur absolu. L’assistance reste médusée devant autant de maîtrise et le couperet tombe : « C’est le meilleur groupe français live en activité » me dira un festivalier à côté de moi. Cela paraît tellement incroyable que c’est sûrement vrai. Dans les discussions d’après-concert, un seul mot sur toutes les lèvres : Limiñanas. À revoir au plus vite.

Limiñanas
Le duo BOY HARSHER est à sa place ce soir et transforme rapidement le site en piste de danse. N’étant pas un adepte, je laisse volontiers ma place sur le dancefloor. J’écoute leur set distraitement de loin et j’en profite surtout pour rejoindre quelques ami(e)s.
En résumé, j’ai eu comme l’impression d’assister à une manifestation que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans l’Hexagone. L’organisation était vraiment top avec notamment des stands de merchandising, un stand de sérigraphie, des food trucks et suffisamment de bars pour ne pas faire la queue indéfiniment. Pari réussi donc pour Radical Production et le Chabada (salle de concert bien connu des Angevins) avec le choix de ce nouveau site (qui a fait l’unanimité auprès de tous les festivaliers). Un grand merci à eux et aux nombreux bénévoles.
Texte :Arno JAFFRÉ – Photos : Jessica CALVO







































































