Liquid Bear

Après deux EP très réussis, Unwind puis Heavy Grounds, Liquid Bear nous offre enfin son premier album, Second Life. Un disque riche qui oscille entre prog, metal et grunge.

 

 

Liquid Bear nous avait enchantés avec leurs deux premiers EP et nous enchante encore avec ce Second Life, premier long format du groupe. Un disque qui aura été long à venir : « On a sacralisé le fait de faire un album. On écrit toute l’année et on peaufine au fur et à mesure. Nous essayons dans la mesure du possible de ne pas faire de doublon. Du coup c’est peut-être pour cela que nous prenons notre temps. »

 

Souvent qualifié de prog et comparé notamment à King Crimson, surtout le Crimson du mythique Red, Liquid Bear a incontestablement des côtés prog mais n’est pas que cela, loin de là : « Nous sommes comme King Crimson dans la recherche perpétuelle de nouvelles choses. C’est peut-être pour cela que l’on nous compare souvent à eux. King Crimson a été très évolutif tout au long de sa carrière. On nous a aussi comparé à Yes. On adore Yes mais nous ne sonnons clairement pas comme eux. Il est possible que l’on classifie Liquid Bear comme prog parce que nous ne sommes pas dans le classique couplet/refrain. On peut entendre ce que l’on a envie d’entendre dans ce que nous produisons : du prog mais aussi du grunge. Nous aimons le prog il est vrai mais nous apprécions tout autant Alice in Chains. Notre musique est sombre comme l’était la leur même si ce disque est moins sombre que le EP précédent. »

 

Second Life est aussi sans que ce soit un disque metal un album qui peut toucher le public metal : « C’est la batterie qui éloigne notre musique du metal. Si celle-ci sonnait metal on aurait sans doute cette étiquette. »

 

Comme sur ces précédents opus Liquid Bear s’interroge beaucoup. “Second Life” est ainsi un morceau qui parle des différentes directions que l’on peut prendre dans la vie à tel ou tel moment de son existence : « Faire un métier comme le nôtre amène forcément à ce genre d’interrogation. Quand tu fais un métier artistique tu nages en permanence dans l’incertitude. Mais ce titre ne parle pas que de cela car ce genre d’interrogation se pose aussi dans la vie de tous les jours. Cet embranchement de différentes vies possibles tu le retrouves sur la pochette du disque. »

 

Sur cet album particulièrement réussi le combo va parfois sur des voies qu’on ne lui connaissait pas comme sur “All About you” où l’on retrouve Eva Hägen de Grandma’s Ashes : « Nous nous sommes toujours sentis proches de ce groupe. Nous les connaissons depuis cinq, six ans. Grandma’s Ashes a peut-être un son plus metal que le nôtre mais leur son de batterie ne l’est pas ce qui les rapproche de nous. La volonté de bosser avec Eva était de confronter nos deux univers artistiques. Elle a apporté ses idées dans ce morceau. Nous lui avions donné carte blanche. Le titre est comme une pause, une respiration dans le disque. »

 

Après la sortie de Second Life, Liquid Bear se produira au Backstage by The Mill en Mai prochain puis en province dans la deuxième partie de 2025 : « Le booking est peut-être le truc le plus démoralisant pour les groupes. La scène musicale est blindée donc c’est difficile. Cela peut parfois être difficile à vivre de ne pas pouvoir toujours atteindre son public. De plus nous ne pouvons pas jouer n’importe où par rapport à la musique que nous produisons qui demande un minimum de backline. »

 

Texte : Pierre-Arnaud Jonard // Photos : Brian Downie (article) – Angela Dufin (mise en avant)

 

Second Life – Autoproduction