Bandeau Longueur d'Ondes n° 101

HARMO DRAÜS

“My body my choice”

 

Présentation

« Je suis Harmo Draüs, autrice-compositrice, musicienne, productrice, interprète et réalisatrice. Je fais de l’electro-pop alternative avec mon projet solo indé. Je partage aussi la scène avec David Shaw and The Beat (HMS Records), le groupe Bison Chic par le passé, et j’ai tout récemment rejoint le projet d’Agathe Plaisance en live (j’y remplace son musicien, Léo Vauclin, lorsqu’il défend lui aussi son projet solo sur scène). J’ai sorti un premier EP 5 titres en avril 2023, Misfits, plus doux, vaporeux, ambiant, où j’avais déjà envie de mêler des sonorités dreamy-shoegazy, avec un côté plus electro, plus sombre. Puis j’ai sorti un titre enregistré et improvisé live, plus industriel, proche des univers techno-EBM, en avril 2024 qui annonçait déjà la suite, avec une live session filmée. Et, le 22 mai 2024, je sors mon prochain single en français, “My body my choice”, il est accompagné d’un clip que j’ai réalisé, post-produit et monté, avec l’aide d’Anatole Badiali (mon premier acolyte sur mon premier clip de Miles Away) et la performance de Violette Wanty. »

 

 

“My body my choice”

 

« J’ai écrit “My Body My Choice” dans une lignée electroclash, presque trash-punk, dans ce qu’elle ne fait aucune concession ni dans le texte ni dans l’image. J’avais envie de porter la voix de mes convictions et de mes engagements, de les défendre, de passer un message. Pour ça, le français était un virage indispensable, que j’avais déjà un peu opéré sur la fin de mon premier EP. Il y a tant de choses à dire sur les origines de cette chanson pour moi, c’est évidemment lié à des choses très personnelles, mais surtout c’est l’expression de choses plus politiques : des violences et harcèlements sexuels et sexistes (VHSS) et autres expériences douloureuses d’être une femme ou une personne dite minorité de genre dans une société patriarcale, capitaliste, au lourd héritage colonialiste et religieux, comme la nôtre. J’avais envie d’exorciser un ras-le-bol, une rage et une colère intériorisées, contre la privation et la violation des corps et des libertés fondamentales. Aux lendemains de l’inscription de la liberté à recourir à l’IVG dans la Constitution française, cela résonne pour moi tout particulièrement avec ce qui se passe partout et de tout temps dans le Monde : des droits régulièrement bafoués, des libertés de disposer de son corps et de sa vie qui sont remises en cause sans cesse, partout — et qui ne devraient jamais l’être, qui devraient être inaliénables, qui ne devraient pas être un sujet de discussion et de prises de décisions politiques régies par des hommes blancs cisgenres et privilégiés. Des avancées qui nous donnent de l’espoir et des retours en arrière, qui nous dépitent, nous découragent, nous enragent… C’est évidemment l’expression de cette rage, très frontale, une envie que les paradigmes changent, que ce système s’effondre. Mais aussi une envie de donner de la force, de se rappeler qu’on a/est des allié-es-x. J’avais envie de rappeler à toutes les personnes qui s’identifieront à cette chanson, son texte et les images du clip, d’une façon ou d’une autre, que peu importe ce qu’on décide pour notre corps, c’est le nôtre, il n’y a que nous qui devrions en disposer comme on le souhaite, sans rendre de compte. Ça me paraissait évident de ne pas décorréler mes engagements de la musique que je fais. Je pense que la musique doit retrouver sa première valeur, l’art c’est politique… avant d’être un business (et de n’être qu’un business, et ça je le déplore) avant d’avoir une valeur marchande. C’était aussi une façon de le rappeler. »

 

 

Clip

 

« Le clip vient illustrer justement cette lutte intestine, utérine. Quand on est femme, quand on est une minorité de genre, quand on est tout simplement n’importe quelle personne qui ne rentre pas dans la norme d’une société comme la nôtre, à cause de problématiques systémiques, c’est comme si nous étions prédestiné-e-s à devoir lutter, de façon transgénérationnelle, contre les dictats du patriarcat, d’un rapport de domination qu’on subira de toute façon malgré tout. C’est comme si l’on était systématiquement poussé. e. x à annihiler une part fondamentale de soi, de son identité propre, avant même que l’on voit le jour. C’est tout le poids des pressions et rapports de domination que je voulais dire ici. L’idée originale est celle d’Anatole Badiali, qui m’a aidée sur la partie réalisation technique du tournage : c’est lui qui a pensé à illustrer cette chanson et son texte par la performance de Violette Wanty, qui se débat suspendue par des élastiques de vol, dans une immense poche — qui pourrait représenter un utérus géant artificiel qui vient se contracter. Violette, qui nous a fait l’honneur d’une perf incroyable, un vrai dévouement à ce tournage ! <3 – se débat dans une sorte de liquide amniotique sanguinolent alternant entre rage et lutte, extrême fatigue et découragement, résignation parfois…. Elle finit par s’en libérer, mais non sans devoir renoncer à une partie d’elle, à ses organes vitaux… C’est évidemment une allégorie pour signifier ce qu’on peut ressentir quand on se sent bouffé-e-x de l’intérieur, annihilé.  Tout est à la fois très froid (blanc/gris/noir) et très rougeoyant, presque orangé, par contraste, parce que j’avais envie de réaliser un clip qui traduirait de façon assez brutale, mais esthétique, tout l’effort que demande cette lutte acharnée, tout ce qui fait qu’on peut se sentir objectivé-e, parfois réduit-e à des corps dénués de sentiments ou émotions avec un point de vue strictement médical et scientifique. Ça rend les choses tellement froides, dures, exemptes d’humanités. C’était aussi important pour moi de le mettre en perspective de toutes les avancées, les petites victoires, rendre hommage aux personnes qu’on pourra reconnaître dans ses archives triturées de l’Histoire, des références aux grandes féministes qui ont œuvré pour nos droits, mais à l’inverse, faire aussi écho à des reculs et des discours, prises de position politique ignobles de l’actualité ou du passé. Montrer que tout ça n’est pas linéaire et que nos libertés ne sont jamais acquises nulle part, malheureusement. Qu’il important de rester éveillé-e-s. « Vigilante » disait Simone de Beauvoir. C’est un appel à militer toujours, partout, tout le temps. »

 

 

Projets

 

« En parallèle de collaborations avec de super artistes, j’écris toujours de nouveaux morceaux, dans une esthétique proche de “My body my choice”, où j’aime travailler aussi le français et l’hybridité esthétique, avec une énergie plus intense, et faire bouger un peu plus les corps. Je prévois de sortir des singles tout au long de l’année. 2024, ce sera l’année des sorties pour moi 🙂 Des titres que je veux avant tout défendre en live, que je teste d’ailleurs en live déjà, que j’aime faire évoluer avec et par le live, avec l’énergie que les gens me donnent en retour. Je veux revenir aux sources de la musique. Alors restez connectés-es-x ! »

 

>> Site de Harmo Draüs

 

 

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