Bandeau Longueur d'Ondes n° 101

PARK

“Réveil heureux”

 

 

Derrière les 4 lettres de Park se cachent Frànçois Marry, leader de Frànçois and The Altas Mountains et le trio survitaminé de Lysistrata, tous originaires de Saintes en Charente-Maritime et point de départ de cette nouvelle aventure. En marge du festival Coconut Music en septembre dernier, Longueur d’Ondes les avait pour parler de leur nouveau projet. 6 mois ont passé et Park  dévoile (enfin!) un premier titre, “Réveil heureux” , fidèle à sa philosophie d’éviter toute prise de tête et d’avancer à leur rythme.

Entrevue avec Park, Festival Coconut, septembre 2021

voir numéro 94 du magazine Longueur d’Ondes

Rendez-vous est pris à l’abbaye aux Dames où se déroule le Coconut Music Festival. Park y est invité à donner son tout premier concert alors que l’album sortira début 2022*. Occasion rêvée de rencontrer François et Max (Roy), bassiste de Lysistrata, pour en apprendre un peu plus sur ce projet. « Tout est parti de Saintes où l’on se croisaient souvent. J’avais des idées de morceaux un peu plus sauvages que ce que je fais dans ma musique et j’ai appelé les gars. Je me suis rendu compte qu’ils avaient d’autres choses dans les valises qu’ils ne faisaient pas trop avec Lysistrata. On a fait des sons ensemble, sans savoir trop ce que ça allait devenir… mais plus on se voyait, plus on avait d’idées ! » explique Frànçois. Max complète : « On a pas mal d’influences en commun, des groupes comme The Pavement. Frànçois avait des morceaux un peu plus vénères, nous des choses plus calmes. On ne s’est pas posé dix mille questions. »

Qui va piano va sano

Les démos de l’album ont été réalisées à la chapelle Chavagne à Saintes, les maquettes au Confort Moderne à Poitiers, puis il y a eu l’enregistrement, dans les Landes. Pour le label, ça sera celui de Lysistrata comme l’explique Max : « On avait envoyé des démos à Vicious Circle. Philippe Couderc [NdlR : disparu en 2021] nous avait tout de suite dit que si on voulait sortir l’album chez Vicious il était bien sûr ok. C’était évident de le faire avec des gens avec lesquels on avait envie de travailler. »

Par contre, pas encore de nom pour l’album*: « On a un nom de groupe c’est déjà pas mal ! On cherchait des noms qui évoqueraient la région, et puis on s’est dit que Park c’était passe-partout. » dit Frànçois.

En parallèle, le combo avance masqué… Simple hasard ou communication bien étudiée ? Frànçois et Max sourient : « On va lever le voile petit à petit… mais oui, c’est un peu fait exprès. On a vu dans nos projets respectifs que dès que tu imposes une direction, tu es vite catalogué. » Frànçois continue : « J’ai l’impression que quand on pense à ma musique on pense à ce qui passe à la radio, mais on ne connait pas les titres plus contemplatifs. J’ai conscience que je suis rangé dans un truc genre ballades douces, mais les gens qui rentrent dans ma musique voient autre chose. » Max va dans le même sens : « On ne veut surtout pas se prendre la tête. C’est un champ d’exploration qui nous permet de voir autre chose. Et puis c’est surtout une super rencontre… tellement improbable ! »

Les connexions

Rencontre improbable certes, car si l’on reste au niveau de la surface des productions respectives de Frànçois et de Lysistrata, pour le moins très différentes, on peut se demander comment l’équilibre est atteint : « Si l’on ne sait pas comment notre collaboration est née, tu ne comprends pas. Il faut voir les connexions. En discutant, il y a plein de choses en commun qui surgissent » dit Max. Frànçois abonde : « C’est vrai. Tu vois par exemple quand j’ai découvert Big Thief, pour moi c’était évident que ça allait plaire aux Lysistrata. C’est un peu comme quand tu écoutes quelque chose et que tu penses à un pote en te disant “je suis sûr qu’il aimera”. On a un peu ce rapport-là. » De là, on est forcément curieux de savoir comment ils définissent leur style : « Une fois j’ai parlé de pop saturée, mais ce n’est pas ça. Le problème c’est que tu dis un truc et ça te suit tout le temps. Franchement, on a pas encore le bon terme pour définir notre musique. » confesse Frànçois avant de rajouter : « Tortoise est un groupe dont je ne me sens pas trop loin. »

Finalement, à la question du futur, la réponse est collégiale : « On vit au jour le jour, franchement on ne fait pas de plans et on ne se pose pas de question. On a la chance avec Park d’avoir un projet léger, pas prise de tête, on compte bien en profiter comme ça. » Carpe Diem.

* Le premier album de Park, Réveil heureux, sortira chez Vicious Circle Records le 25 mars prochain.

Xavier-Antoine MARTIN

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