Des rappeurs très swing
En cinq années sur la route, ces joyeux lurons ont acquis une solide réputation de groupe de scène. Le KKC Orchestra sort « Géométrie variable », son premier disque, et présente son rap-swing électronique. Pour l’occasion, la parole est à Julien Champreux, maître de cérémonie du KKC. L’humeur est festive.
C’est qui ? Trois garçons et une fille qui mélangent rap, swing manouche et musique électro. Marqué par le hip-hop français des années 90, « L’orchestre du KKC » – comme il se présente – s’inscrit dans la lignée d’un rap des champs plus proche de la scène festive que des cités. « Pour moi, les rappeurs sont les descendants de la chanson française ; il y a ce poids des mots, il faut faire attention à ce que l’on donne », explique Julien, le chanteur. Avant de parcourir la région de Toulouse et de partir sur les routes d’Europe, c’est à la faveur d’une colocation que cette bande de copains ayant fréquenté les mêmes terrains de basket, a plongé dans la musique.
Pour la petite histoire… Le « KKC » – pour les intimes – a attendu cinq ans avant de sortir son premier album, « Géométrie variable », et s’est fait un nom grâce à la scène : « Si on a mis tant de temps à faire ce disque, c’est que l’on n’arrivait pas à retranscrire cette énergie ou alors, que l’on en faisait trop. Il nous a fallu trouver un équilibre entre ce que l’on défend sur scène et des choses plus posées. » Construit exactement « comme un live », ce disque met en lumière les différentes facettes d’un groupe partagé entre machines, platines et guitare manouche : rap sur « 1994 », bazar électro-swing sur « Freestyle cat » et « Swing it », pur électro sur l’instrumental « Sasha ».
La musique festive. En réglant ses pas sur les pas de Java, puis en s’en éloignant quelque peu ces derniers temps, le KKC a revendiqué le mot « festif ». « Dès que l’on dit « festif », on pense « Oh non ! », mais on peut être festif sans être grossier. On a le droit de mettre les gens dans une bulle, en leur disant « Pendant une heure, on va avoir le sourire ! », et puis de raconter des choses plus sombres sans pour autant donner du Lexomil a tout le monde ! » Écrite à partir de slogans publicitaires, l’ironique « Kulture pub » et le très acide « VRP », qui évoque la vie au boulot, viennent ainsi donner une ombre différente à leurs sourires.
Le KKC : un groupe bien suivi… Simple et sans chichis, le KKC Orchestra a poussé en famille ou presque grâce à Ulysse Productions, originaire des mêmes coins de verdure et de rocaille. La « maison d’artistes », qui suit Barcella ou encore le rappeur sombre Psykick Lyrikah a en effet pris le groupe sous son aile depuis le tout début, l’accompagnant partout et lui permettant de pousser tranquillement.
Côté lumière… Le KKC a aussi développé un rapport direct à son public, mais il veut pousser les choses plus loin encore. « On lance un abonnement via notre site Internet qui permettra aux gens de recevoir l’album plus un T-shirt ou un sac, et surtout d’avoir des nouvelles toute l’année : nouveaux morceaux, dates de concerts… Plutôt que d’aller chercher sur Facebook, on veut que les quelques motivés qui nous suivent viennent taper directement à notre porte », conclut Julien.
Promis, on frappera la prochaine fois qu’on passe…
Bastien Brun
Photos : Fabien Espinasse