Arnaud FLeurent-Didier

« La reproduction »
(Columbia / Sony Music)

On ne relèvera pas les poussières de défaut (répétition d’un effet, oubli trop flagrant d’une liaison, coupe étrange dans « L’origine du monde »…), on passera outre la parole de classe, qui aurait pu être excluante ; on excusera même la carabinade « Mémé 68 » et sa déclinaison « Pépé 44 » (et oui, papy fait de la résistance ; il revient plage 10) ; et on s’abandonnera tout entier à « La reproduction », deuxième album tout bonnement brillant d’Arnaud Fleurent-Didier, à sa voix acide et enjôleuse, celle des mecs qui jouent les timides, qui manient joliment l’ironie et qui jamais ne sont à court d’idées quand vient la pénombre. Au-delà de ses très grandes qualités de parolier et d’orchestrateur, ADF réconcilie ici bien des contraires, bien des traditions musicales. Il réussit surtout à rendre sensible, voire tendre, cette froide malédiction qu’est la lucidité. « La reproduction » est l’album d’une génération, d’un désenchantement. www.arnaudfleurentdidier.com

Sylvain Dépée

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