Ceux qui dorment dans la poussière

Abbesses Music Publishing

David AssarafNon content d’être majestueusement servi à la guitare par Matthieu Chedid, David Assaraf manie la plume avec dextérité. Référence au Boris Vian insubordonné de J’irai cracher sur vos tombes, jeux de mots androgyne (“Beau et mienne”) ou franglais (“Love songe”) puis peinture impressionniste avec les mots (les maux ?), qu’importe le véhicule : l’auditeur est happé dans cet univers singulier et n’en ressortira pas indemne. Des bleus à l’âme et des ecchymoses sur les cordes vocales. La voix rocailleuse et traînante d’un Gainsbarre des grandes heures. L’amour aussi, toujours, celui qui part ou qui ne vient pas, celui qui fait mal quand on se languit de lui… Puis le plaisir et la valse enivrante de cette existence incompréhensible ; le timbre se fait mélodieux, le vibrato délicat (“Et que rien ne m’éveille”). Le mal-être sournois qui s’insinue comme un poison… La solitude des indésirables. Ce sont les thèmes de ce poète aux faux airs de clown triste.

À écouter en priorité : “Love songe”.

ENGUERRAND LAVAUD

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