Faire @ la Maroquinerie 2017 ©Guendalina Flamini - Longueur d'Ondes

28 novembre 2017, la Maroquinerie (Paris).

Pour avoir déjà vu Faire au festival We Love Green cet été, on sait que ça va être sportif. Leur techno-post punk-psyché en français dans le texte est survoltée. Alors on chausse nos baskets les plus pourries, on met des habits que l’on ne regrettera pas s’ils terminent défigurés. On ajuste nos coudières et genouillères et on se lance. Le concert affiche complet, on s’attend à du collé-serré vigoureux.

En attendant Guendalina qui photographiera la soirée, un Mickey tout maigre avec une voix suraiguë offre des mini sucettes aux personnes qui comme moi attendent dehors. Guen arrive, on entre, la nana devant nous montre son mécontentement aux filles de l’accueil qui leur dit qu’ils n’ont plus de bouchons d’oreilles. A notre tour. Elles ne nous trouvent pas parmi les accrédité·e·s, puis finissent par comprendre le nom sous lequel nous sommes listées. Ca fait beaucoup cinq personnes à l’accueil pour une organisation aussi moyenne.

On arrive à temps pour la première partie assurée par Lulu Van Trapp. Des tenues de cowboys, des paillettes, une chanteuse à la voix ample, un style baroque, un petit côté américain. Pourquoi pas. Pour le dernier morceau, un mec rejoint le groupe avec son tambourin : on a rarement vu quelqu’un aussi heureux de jouer du tambourin, et avec tant d’énergie (peut-être celui du groupe IDALG ?).

21 h. On est tout devant. Faire arrive doucement sur scène. Une intro musicale de cinq ou dix minutes. Ils jouent avec le public : devant leurs claviers, machines et guitare, le trio fait lentement monter le son et le rythme pour aussitôt les faire redescendre. Le public bout d’impatience ; on attend l’explosion.

A peine une minute après la première chanson, ça commence : le déchaînement – principalement masculin – nous vire radicalement du devant de la scène ; on va se protéger sur le côté. Suivant le rythme et les gros sons de basses, on se prend des vagues humaines qui manquent presque de nous clouer au sol. Les photographes concentré·e·s sur leur objectif se font écraser contre la scène. Le premier rang et le milieu de la salle sont désormais réservés à celles et ceux qui aiment le corps-à-corps robuste.

Quand Faire chante l’histoire de Christiane (que certains connaissent sous le prénom Christian), les plus belles drag queen de Ménilmontant apparaissent sur scène. Cinq beautés aux tenues pailletées et aux cheveux volumineux viennent incarner les paroles de la chanson. La température n’en finit plus de grimper.

22 h. A ce stade du concert, on s’est réfugiées sur le côté de la salle et une vague nous a déjà submergées – dans les tempêtes, la solidarité née et on s’aide à se relever entre voisin·e·s naufragé·e·s. On a vue sur la salle comble : on regarde les artistes, les Christiane et quelques aventureux·euses surfer sur le public. Il fait tellement chaud. Quelques voix hurlent « Marie-Louise ! » : on veut notre tube de l’été !

 

22 h 30. On est en nage, on a dansé comme des sauvages, on est au plus loin de la scène, on est épuisées, mais quand Faire s’éclipse, on hurle. On en veut encore. Ils reviennent avec un titre plus lent, nostalgique, sur des airs orientalisants et psychédéliques : « Ma Méditerrannée ». Ca ne dure pas. On se repose cinq minutes pour repartir de plus belle. Le rythme s’accélère et on continue de danser compulsivement.

23 h. On a survécu à Faire et c’était génial.

>>> Site de Faire

>>> (Re)lire notre entrevue avec Faire

Texte : LAURA BOISSET & photos : GUENDALINA FLAMINI

 

Publié le