Un road-trip musical hippie, “Welcome to Woodstock” - Longueur d'Ondes

“Welcome to Woodstock”, réinvente les années hippies et sera sur scène à Paris à partir du 15 septembre (Le Comédia). C’est un spectacle musical consacré à la musique pop-rock américaine des années 65/70. Les grandes chansons de cette époque y sont jouées et interprétées en live. C’est aussi un « revival » des années hippies, ces années folles qui ont joyeusement renversé tous les vieux tabous de la morale d’après-guerre. C’est à travers l’histoire de douze chanteurs/acteurs, musiciens et danseurs qui interprètent les chansons sur scène, que ce « revival » va s’incarner.

Paul, Corinne, Francis, Martine, Tom et Florence ont 20 ans en 1969. Ils se sont connus sur les bancs de la fac, l’année précédente et ont vécu ensemble les barricades de mai 68. Liés par la même volonté de construire une société plus libre, plus juste, plus égalitaire, en rupture avec la morale bourgeoise de leurs parents, ils partagent le même appartement à Paris et une passion commune pour la musique pop-rock américaine.

Lorsqu’ils apprennent qu’un grand concert, réunissant Canned Heat, Country Joe Mac Donald, Janis Joplin, Joan Baez, Jimmy Hendrix, Les Who et tous leurs artistes préférés aura lieu à Woodstock en août 1969, ils décident de partir aux États-Unis, « vivre sans temps mort et jouir sans entrave » 3 jours de paix et de musique…

Un spectacle de Jean-Marc Ghanassia – Mise en scène Laurent Serrano. 28 chansons interprétées en live : Go to the mirror – Kozmic blues – Freedom – Somebody to love – Happy together – San Francisco – On the road again – People are strange – Astronomy domine – Blowin’ in the wind – A certain kind – There but for fortune – Hey Joe – Paranoïd, etc.
 

 
La note du metteur en scène :

Quand on entend « Woodstock », on pense toute de suite : fleurs dans les cheveux, « peace and love », amour libre et drogues en tout genre. Et effectivement, il y a tout cela dans Welcome to Woodstock ! Pourtant, derrière l’insouciance, pointe en filigrane la désillusion des idéaux…

Dans « Welcome to Woodstock », pas de stéréotype éculé ! On sait être léger sans être creux et même, par instant, grave sans être sinistre. Et c’est d’ailleurs ce qui rend les personnages attachants. Ils ne sont pas construits d’un seul bloc, d’une seule couleur. Ils sont vrais, subtils et nuancés. Ils sont humains.

C’est un spectacle musical, qui privilégie l’interprétation et fait la part belle à la direction d’acteur. Le travail de mise en scène sur chaque chanson sera primordial. Dans plusieurs morceaux, les chanteurs-comédiens s’accompagneront eux-mêmes à la guitare. Il ne suffira pas de chanter, il faudra aussi interpréter. C’est faire le pari de l’artiste.

Mais n’allez pas croire que Welcome to Woodstock est un spectacle intimiste. C’est un « musical and psychedelic road trip show », comme son sous-titre l’indique. On quitte une chambre d’étudiant à Paris pour atteindre une inquiétante forêt de l’Etat de New-York, avant d’atterrir dans un saloon miteux et de rejoindre la plaine surpeuplée de Woodstock.

L’aventure américaine qu’entreprend notre bande de jeunes soixante-huitards bascule parfois dans un univers surnaturel, au détour d’une chanson, à la rencontre d’un nouveau personnage ou suite à la prise d’une petite pilule bleue (LSD)… Rêves, hallucinations et réalité ne cessent de se croiser.

Pour mettre en scène ces passages du réel à l’irréel, nous avons choisi  d’utiliser différents modes d’écritures scéniques. Si j’emploie un « nous », c’est parce qu’il s’agit d’un travail d’équipe. Avec Jean Haas, le scénographe, Olivier Roset, le vidéaste et Jean-Luc Chanonat, aux lumières, nous nous sommes efforcés d’apporter une diversité visuelle au spectateur, afin de le surprendre tout au long du show.

Techniques « anciennes » (machinerie théâtrale) ou « modernes » (projection vidéo,…), l’objectif est d’employer celle qui va au mieux servir telle ou telle scène et en souligner les aspects magiques, ludiques ou poétiques. Lorsque Paul rêve de Tommy, l’opéra rock des Who, ce sont les personnages des affiches de Mai 68 accrochées au mur de sa chambre qui s’animent et deviennent les choristes. On utilisera aussi la vidéo projection. Lorsque la forêt devient psychédélique, les arbres s’animent, des hommes volants remplacent les oiseaux – cette fois-ci,  nous serons sur de la machinerie. Pour ne donner que ces deux exemples…

Monter Welcome to Woodstock permet de revisiter cette époque qui trouve encore écho dans nos aspirations d’aujourd’hui. Ce petit côté Flower Power, ce besoin de liberté qui nous titille et titillera encore bien des générations, sera le petit vent qui soufflera tout au long du spectacle. Nous avons tous une part de Woodstock en nous.

Laurent Serrano

Site : http://www.welcometowoodstock.com/