Rendez vous @Mofo Festival ©Guendalina Flamini - Longueur d'Ondes

Du 21 au 23 Avril 2017 à Mains d’Œuvre (Saint-Ouen)

Le petit festival devenu grand

 

LES PLUS

– Un festival défricheur de nouveaux talents

– L’éclectisme de la programmation

– Le lieu : Mains d’Œuvre est un espace rare à Paris de par la qualité de ses concerts et l’immensité du lieu (4 000 mètres carrés)

– L’ambiance festive et joyeuse

– La proximité des artistes avec le public

– La qualité du son

– Le Off gratuit avec les DJ set de Forever Pavot, Fils de Venus, Paris Psych Festival.

 

LES MOINS : Trop de concerts chevauchant d’autres concerts.

 

LE CHIFFRE : Une programmation à 90% française.

 

UNE AFFICHE DE GRANDE QUALITÉ :

Pour sa treizième édition, le Mofo privilégie les groupes français en devenir.

Performance hautement convaincante de Johnny Mafia, petits Ramones français, qui ouvrent en beauté le festival.

Halo Maud entre chanson et rock planant est une vraie découverte.

Le psychédélisme 70’s de Marietta est à la hauteur live des promesses entrevues par ce groupe.

Grand Blanc impressionne toujours autant sur scène avec son mélange étonnant entre chanson française et new-wave.

The Luyas offrent un rock lo-fi intriguant et envoûtant porté par la belle voix de Jessie Stein. Encore un groupe de grande classe en provenance de Montréal, ville où le talent musical semble la règle.

Barbagallo, à mi-chemin de la chanson et de la pop : un concert atmosphérique empli de charme.

Arnaud Rebotini conclue de manière fulgurante le festival avec un set électro explosif.

 

LA DÉCEPTION : Buvette qui sur disque enchante avec son électro-pop délivre sur scène un psychédélisme un peu mou du genou. Heureusement à d’autres moments, lorsque le groupe aborde un son pop symphonique à la Air, il redevient intéressant.

 

LE FLOP : Il est vilaine qui assomme l’auditeur d’une techno faite pour les stades.

 

PAS VU ET C’EST DOMMAGE : Aquaserge, mais on ne peut être partout.

 

AND THE WINNERS ARE…

Rendez-vous, un groupe déjà excellent sur disque (peut être l’un des meilleurs groupes français en activité) qui sur scène balance une cold-wave d’une puissance rare et d’une inventivité musicale totale. Le public ne s’y trompe pas, présent en masse pour leur concert.

The Parrots, les Madrilènes confirment sur scène leur réputation de rois de la fête. Leur garage-rock primal et festif met la Scène Mo sens dessus-dessous.

Fujiya et Miyagi, entre électro et kraut-rock, les Anglais sont devenus un must. Confirmation sur la Grande scène Fo. Un grand moment de dance intelligente.

Human Teorema, dommage pour le groupe qu’ils jouent à l’heure des résultats du premier tour de la présidentielle dans une salle au public clairsemé, car leur psychédélisme teinté de post-rock et de prog est une merveille. Un groupe qu’il va falloir suivre de près.

 

LA DÉCLARATION : « Il n’y a pas que la scène marseillaise qui soit sous-estimée par les médias, la scène parisienne l’est tout autant. » Human Teorema

 

CONCLUSION :

Durant trois jours, le festival Mofo nous a permis de faire de vraies découvertes en donnant sa chance à des groupes en devenir. Les artistes déjà confirmés ont été à la hauteur de ce que l’on attendait d’eux. Une programmation avec autant de groupes français à l’affiche est assez rare et mérite d’être soulignée et encouragée.

Pour sa première aux manettes du festival, François Xavier Levieux, en charge du festival Vie Sauvage, a réussi son pari. Une affiche innovante, audacieuse qui couvre quasiment tous les genres musicaux : pop, cold-wave, psyché, chanson… Mofo poursuit avec brio son travail de découvreur de talents et ceci dans une indépendance totale. Qu’un public si nombreux réponde présent pour un festival plutôt underground et sans réel tête d’affiche est très encourageant pour les amoureux de la musique. Le slogan du Festival n’est pas mensonger : MOFO est bien le plus petit des grands festivals.

>> Site du Festival

 

Texte : Pierre-Arnaud Jonard / Photos : Guendalina Flamini

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