Narrow Terence ©Olivier Boulet - Longueur d'Ondes 80

 

4e round

Deux ans après avoir enregistré dans une chapelle l’album acoustique Violence with Benefits, le groupe parisien Narrow Terence revient avec Rumble-o-rama, un quatrième disque électrique et fougueux, au cœur d’un folk-rock aventureux.

Il faut se méfier de l’eau qui dort dit le proverbe… Appliquée aux Narrow Terence, le groupe formé par les frères Antoine et Nicolas Puaux en 2004, cette phrase semble particulièrement sensée. Et pour cause : si l’on a pu entrevoir un certain assagissement de la part des Parisiens sur Violence With Benefits, leur troisième disque enregistré en acoustique ayant marqué la fin d’une période difficile (cristallisée notamment autour de déboires judiciaires), le quatuor — dont la carrière a été « ponctuée de rencontres uniques » mais aussi « ébranlée à moult reprises », selon Nicolas — revient plus énergique que jamais sur Rumble-O-Rama.

 

Jouer avec les registres

Sur les chansons de ce quatrième album, le calme n’est jamais loin de la tempête et la rage et la sérénité forment un ensemble d’émotions vives, couchées sur une musique à la fois voluptueuse et conquérante, qui englobe le folk-rock identitaire du groupe de même que ses nouvelles aspirations vers des ambiances plus cinématographiques. « Nous avons beaucoup réfléchi à la manière de trouver la bonne distance entre ce que nous avions été et ce que nous allions être. L’idée était de trouver le bon ton pour proposer un ensemble de chansons qui traduirait une certaine altérité par rapport à ce que Narrow Terence pouvait évoquer immédiatement chez ses auditeurs jusque-là, tout en gardant les éléments qui définissaient “intrinsèquement” notre son », explique Nicolas. « Essayer de nous voir au plus près de ce que nous sommes “à l’os”, dans l’émotion brute, pour pouvoir ensuite jouer avec les registres musicaux et proposer un disque se baladant sur d’autres plates-bandes que celles que nous avions empruntées jusque-là. »

 

Un travail collégial

Pour Rumble-o-rama, un vrai travail de groupe s’est opéré. « Nous avons, mon frère et moi, volontairement peu poussé le travail de composition en pré-production. Le principe était d’arriver auprès du groupe avec des couplets et des refrains, certes, mais rien de trop agencé, de trop structuré », raconte Nicolas. « Cela nous a permis de fonctionner de façon bien plus collégiale, plus interactive. Du coup, il est arrivé que les arrangements proposés réorientent la composition, que des changements de structure reconfigurent les moments forts des titres. » Entre atmosphères de roman noir, ambiances intimistes ou scènes de westerns intrigantes et textes narrant souvent l’échec amoureux et ses possibles conséquences comportementales, Rumble-o-rama sort aussi la carte de la mélancolie, comme sur ­“Monster” chanté par Troy Von Balthazar (Chokebore). « Ce n’était en théorie pas un titre qui devait figurer sur le disque. Or, après réflexion, la chanson nous a paru pouvoir trouver son souffle à travers une collaboration. L’idée de proposer la chanson à Troy s’est immédiatement imposée à nous, car le morceau avait ce quelque chose d’alternatif et mélancolique qui nous semblait parfaitement lui convenir. »

Reste désormais au groupe de peaufiner l’adaptation live de ses nouvelles chansons. Place à des « versions en quartet, pour les parer de “détails” qui les distingueront de la version du disque et leur donneront un caractère fort sur scène, tout en conservant l’âme ».


Narrow Terence - Longueur d'Ondes 80Rumble-o-rama

Enkirama

Sounds Like Yeah

Après avoir créé leur duo blues-hardcore Narco Terror, les frères Puaux reviennent à leur groupe d’origine sur un quatrième album enregistré live par Phil Avril, habitué des musiques de films. Épaulés par leurs musiciens Alexandre Viudes et Patrik Lerchmüller, Antoine et Nicolas font le grand écart entre folk sensible et habitée (“My fall”) et énergie rock débridée (“Rumble-o-rama”). On y croise des cuivres épiques (“Misery’s Dus”), des guitares distordues, des rythmiques saccadées et abrasives, des violons aventureux et des mélodies qui font le pont entre ombre et lumière, joie et angoisse. Le groupe n’hésite pas à lâcher prise sur ses refrains FM, tout en prenant des chemins sinueux (comme sur le quasi stoner “Vapoï”) pour s’éloigner de l’obscurité et gagner l’allégresse qui le caractérise (à moins que ce ne soit l’inverse…).


En concert :
16.03 :: Release Party :: Le Petit Bain – PARIS (75)
18.03 :: Le Théâtre du Chêne Noir – AVIGNON (84)
13.04 :: Le Phare – LIMOGES (87)
14.04 :: La Smac 07 – ANNONAY (07)
15.04 :: Le 180 – ST BAZEILLE (47)
22.04 :: La Souris Verte – EPINAL (88)
30.04 :: La Place des Réformés – MARSEILLE (13)
 

>> Site de Narrow Terence

 

Texte : Émeline Marceau / Photo : Olivier Boulet