Les Wampas sur Longueur d'Ondes ©Philippe Prevost

 

Yaourt punk

Plus de trente ans que les Wampas font du rock avec une âme je m’en foutiste. Celle du punk, du vrai. Et ce n’est pas le nouvel album du combo Evangélisti, paru après deux ans d’absence, qui va changer la donne. Rencontre à la cool avec Didier Wampas et Tony Truand, les piliers du groupe culte.

Enregistré en deux semaines, c’est avant tout sur ses mélodies pêchues, comme à ses débuts, que le groupe compte. Comme le lâche Tony Truand (guitariste) « J’adorais Bob Dylan quand j’étais gosse et pourtant, je ne comprenais rien à ses paroles ». Et puis il faut avouer que « Les paroles, ça limite une chanson. Si je pouvais je laisserai mes chansons en yaourt », du moins, c’est bien ce que pense Didier Wampas (chanteur) qui, en maturant, n’a rien perdu de ses convictions : « On ne savait même pas à la base que l’on pouvait gagner de l’argent avec un groupe de rock. Si ça ne payait pas du tout, les gens feraient moins de compromis. C’est comme les hommes politiques, ce serait plus saint s’ils n’étaient pas payés. »

 

 

Quand on sait ça, il n’est pas surprenant du coup, de découvrir que l’album a été nommé après un héros pas comme les autres : « Ils l’ont éliminé dès le début. Ils voulaient se débarrasser de lui. J’ai regardé ce moment. C’était un peu une tragédie grecque. » Ce moment qui a tant marqué Didier Wampas c’est la défaite d’Aurélien Evangélisti aux joutes traditionnelle de Sète, ville d’adoption de notre éternel punk. Ce jour-là, le champion avait une fois de plus renversé son adversaire dans le canal à grand coup de lance. Mais au lieu des éloges attendues, le voilà tout bonnement éliminé.

Pour les Wampas, tout se fait à la dernière minute avec cet amour pour « La pression du studio pour écrire ». Mais alors, pourquoi avoir attendu deux ans pour sortir un nouvel album ? Sans les accabler, les compères pointent du doigt leur maison de disques : « On a enregistré au mois de juin 2016 et pourquoi est-ce qu’il sort en février 2017 ? On ne sait pas ». Six mois c’est long, le temps d’oublier les morceaux, surtout quand on « n’écoute jamais les disques quand ils sont finis. Celui-ci aussi. Je ne suis même pas sûr de l’avoir écouté en entier une seule fois ! »

 

 

C’est finalement le retour sur les routes, la véritable raison de faire du rock, qui force à se concentrer sur un album plutôt qu’à la création du prochain pourtant toujours dans la tête de Didier Wampas. « On commence à tourner et il faut écouter le disque. Il va falloir apprendre les chansons. » lâche l’icône du punk français qui pourtant promet du grand bordel lors de ses prochains concerts déjà entamés et qui dureront jusqu’en juillet, et ce dans toute la France.

« De toute façon, on peut dire ce que l’on veut. La chance c’est que nous ne sommes pas grand public. » Alors autant faire n’importe quoi et essayer d’amuser les nombreux mômes qui suivent le groupe déluré sur les tournées. « Il y a des enfants qui viennent de plus en plus en concert ! » défend un Tony Truand, fier d’être inter-générationnel ou plutôt « Pleins de gosses super jeunes aiment le rock. Peut-être parce qu’ils ont l’occasion de l’entendre. » A travers cette mode du vinyle peut-être ? « Majoritairement se sont les Rolling Stones qui se vendent, donc plutôt les vieux qui se rappellent leur jeunesse. » Ou les minots qui tout comme les Wampas feront perdurer l’âme du punk encore bien longtemps. Le chanteur le promet « Pourquoi je m’arrêterai? Il n’y a que comme ça que je peux m’exprimer et toucher des gens. » !

 

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Evangélisti / Verycords

Entrevue réalisée Chez Savy Paris 8ème

Texte : Julia Escudero / Photos : Marylou Eytier (posés) et Philippe Prevost (live)