FESTIVAL DE TADOUSSAC
Du 12 au 15 juin 2014 à Tadoussac (Québec)

Cadre : Embouchure du Saint-Laurent, pas loin des baleines et des bélugas.

Météo : Variable, crachin voire plus.

Les + : Un magnifique petit village touristique qui joue le jeu de la solidarité autour de son festival. Une ambiance familiale. Proximité avec les artistes.

Les – : L’invitée que l’on ne peut refuser, la pluie ! Celle qui a entrainé l’annulation de plusieurs concerts prévus sur la plage ou en promenade.

Le best of : Patrice Michaud l’empereur des mots, Les Hôtesses d’Hilaire déliruim pas très-mince, et Lior Shoov l’allumée !

Le petit bijou : C’est « Le club des cinq » version gaspésien-acadien ! En effet le festival a eu la bonne idée de faire se réunir Les Sœurs Boulay (duo de chansons pop), qui ont le vent en poupe actuellement au Québec, et Les Hay Babies  (trio folk énervé), qui commencent à cartonner du Nouveau-Brunswick à Montréal. La création originale aurait mérité d’être travaillée davantage scéniquement, mais les moments où les cinq filles fusionnent (dans la douceur ou dans la rage) restent du bonheur à l’état pur !

La confirmation : Oui c’est vrai, on préfère la Frenchy Evelyne Gallet quand son guitariste s’empare de la gratte électrique. L’option guitare classique (choix fait à cause du transport) coupe la force rock qui se dégage de ce personnage atypique, véhiculant un univers incroyablement drôle, intelligent et provocant. Cette Brassens 2.0 sans complexe est une tornade !

Déceptions : Garoche Ta Sacoche, sympathique duo folky minimaliste à l’humour potache et second degré ne parvient pas à donner de l’ampleur à ses titres. On aurait aimé Sarah Toussaint-Léveillé, mais on n’arrive pas à plonger dans son univers chanson que l’on aimerait moins classique.

L’instant de grâce : Avec Marie-Jo Thério, en solo, avec son touché de piano particulier, ses vocalises inimitables, sa poésie sensuelle hors du commun et son chiac de Moncton, « y’avait d’la joie qui shinait partout » !

L’anglo de service : L’hommage « Chants d’esclaves, chants d’espoir » électro-bluesy de Betty Bonifassi (Beast, « Les Triplettes de Belleville »). Un long travail de recherche d’archives datant du début du XXe siècle, pour un sujet toujours d’actualité, sous une autre forme. Un show anglo poignant, intense, aux mélopées répétitives envoûtantes, mené par la voix incroyable de Betty et la réalisation musclée de Jean-François Lemieux (entre autre dans l’excellent Cargo Culte)

Le « party » : En récréation de Misteur Valaire, le quintette s’amuse avec son projet parallèle Qualité Motel. En tenue de plage et bling-bling, ils s’agglutinent autour de leurs machines électro et mixent en chantant par dessus des tubes funky, disco, voire ringards. But ? Le fun !

Le temps ne fait rien à l’affaire : Qui croirait que le leader de ce big band (neuf musiciens l’entourent) au punch incroyable approche les 70 ans ? Vraiment, Robert Charlebois reste un monument !

Anachronique : Surprenant d’entendre justement Charlebois hurler dans l’église du village (la grande salle du festival) : « Ent’deux joints tu pourrais faire qu’qu’chose / Ent’deux joints tu pourrais t’grouiller l’cul ».

Le cas d’école : Mené par Xavier Lacouture, « Les chemins d’écriture » soutiennent, depuis 2003, la relève franco grâce à une résidence d’écriture de quatre jours en amont du festival. Les huit auteurs-compositeurs-interprètes font ensuite un concert par jour durant le festival. La cuvée 2014 : Émile Bilodeau, Joëlle Saint-Pierre, Joey Robin Haché, Lucien Chéenne, Philippe Brach, Pierre-Hervé Goulet, Raphaël Butler et Alexandrine Rodrigue avec Sweet Grass.

Reprises : Pierre Lapointe, seul au piano, s’attaque au sensuel « C’est extra » de Léo Ferré avec brio. Plus barrée, l’Israélienne Lior Shoov déstructure allègrement « Mon amour, mon ami » de Marie Laforêt avec aplomb et folie… un grand moment !

L’an prochain : Prochain rendez-vous du 11 au 14 juin 2015.

Serge Beyer
Photos Michel Pinault

 


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