DETROIT - Photo : Pierre Wetzel
Le 29 mai 2014 au Krakatoa (Mérignac – 33)

Détroit revient, pour un deuxième show, fleurer le sol de sa salle adorée en banlieue bordelaise, dix jours après son premier passage… Le concert est complet, comme une grosse partie de sa tournée. Le public a la trentaine bien tassée, le phénomène générationnel est marqué !

DETROIT - Photo : Pierre WetzelL’intérêt d’un auditoire convaincu, c’est qu’il est respectueux, et très à l’écoute… Enfin, jusqu’au moment où Bertrand, presque vexé, s’offusque de ce manque de réactivité ! On sent un brin de chauvinisme quant à l’image que véhicule sa ville et ses fans au niveau national : « Ça s’est hyper bien passé partout, mais les gens nous disent que le public bordelais est froid. » Piqués dans leur orgueil, les spectateurs se dérident. Quelqu’un demande « L’internationale », Bertrand répond : « Qui a demandé ça ? Montre-toi, dernier rescapé. » Une autre voix répond au loin : « La jeunesse emmerde le front national ! » La répartie du leader est testée. Il lance : « Ce n’est pas suffisant la jeunesse ! », il sourit, puis reprend son set. Il faut savoir que quatre jours plus tôt se déroulaient les élections européennes, et que Détroit a soutenu EELV en faisant un concert lors du meeting de José Bové à Bordeaux.

DETROIT - Photo : Pierre WetzelLa chaleur monte… Le point levé à chaque fin de morceau, les Bordelais montrent à leur artiste qu’ils sont bien là ! Idéologiquement, les temps sont durs, et le groupe annonce qu’ils ne chantent plus « Le temps des cerises »…  Silence dans la foule… Les premiers accords de guitare sonnent… « Un jour en France ».  La foule est hystérique. « Soyons désinvolte, n’ayons l’air de rien », c’est le mot de la fin. Ils quittent le plateau, sous les ovations du public.

DETROIT - Photo : Pierre WetzelAprès dix minutes de hurlements, Bertrand remonte sur scène avec son ami Pascal Humbert, et jouent « Droit dans le soleil ». Ils sont vite rejoints par les autres musiciens. Le son du batteur est à tomber, ça tourne de façon impressionnante ! La puissance vocale est intacte, même si on sent qu’il pourrait aller encore plus loin. Peut-être se préserve-t-il pour la tournée ? Mettons l’accent sur un morceau en particulier : « Sa majesté », dont la mise en scène lumière et vidéo, ainsi que l’interprétation « à la Brigitte Fontaine » prennent les tripes et ne les lâchent pas jusqu’à la fin du titre.

Lorsqu’ils reviennent pour un second rappel, il prévient « À partir de là, tout est possible ! »… Ils jouent « Des armes », puis finissent le show par « Comme elle vient ». Le public est comblé. Les gens stagnent devant la salle, une bière à la main, comme pour profiter encore quelques minutes de cette soirée. C’est à ce moment-là, que le groupe décide de revenir devant le Krakatoa, guitares à la main, pour refaire en acoustique « Comme elle vient »…

Johanna Turpeau
Photos : Pierre Wetzel

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