One Man Band Festival
Festival musique solitaire, Montréal, 23 au 26 mai 2013.
LA CARTE D’IDENTITÉ : Qui n’a jamais été impressionné par les hommes ou femmes-orchestres ? Ces musiciens multi-instrumentistes capables de faire tout un show d’eux-mêmes. C’est le fil conducteur de ce tout jeune festival puisque c’est seulement sa deuxième édition. Organisé par Jon Cohen (ex The Dear), qui en également le directeur artistique et homme orchestre (Jon Cohen Experimental), c’est une occasion rêvée de venir découvrir des artistes locaux et internationaux qui œuvrent dans cette discipline grandissante, un choix dicté par de multiples raisons (contraintes financières, faisabilité artistique, progrès technologique). Ce festival vise à célébrer leur créativité et à soutenir le phénomène du one wo/man band, en plein essor actuellement. Afin d’en apprécier toute la saveur, c’est au total une cinquantaine de musiciens qui se sont relayés lors de soirées organisées dans des salles à dimension humaine dans Montréal : La Casa del Popolo, La Sala Rossa, Le Divan Orange, L’Escogriffe, Le Barfly, Le Cagibi…

LA PETITE HISTOIRE : Toutes les prestations de ces uniques musiciens étaient d’une durée de 30 minutes : difficile de tenir en haleine le public sur la longueur quand on est seul sur scène. Cela dit, c’est le format idéal pour faire de bonnes découvertes ou, si l’on est déçu… ne pas trop avoir le temps de s’ennuyer avant l’artiste suivant. Pour la petite histoire, Steve Hill, programmé à la Sala Rosa le vendredi soir, a eu droit à une petite rallonge avec prés de deux heures de show. Pas mal pour un artiste qui avait fait onze heures de route depuis Port Cartier le matin même à Montréal.

PROGRAMMATION : On retrouve de tout ici : de l’homme fanfare avec ses tuyaux de robinetterie en guise de trompette, au bluesman guitare/harmonica/grosse caisse, en passant par l’électro-loop, ou le post-punk rebelle.

MÉTEO : On croyait le printemps bien installé à Montréal et voilà que les températures ont chuté et que la pluie s’est pointée. Résultat, on se réfugie dans les petites salles bien au « show » !

LES PLUS : Le concept en lui-même : tous ces hommes ou femmes-orchestres ont une personnalité à découvrir sur scène. Car seuls face à leur public, et en 30 minutes seulement, ils doivent tout donner pour que l’on se rue après sur leur merchandising ! Le charisme des musiciens donne du caractère aux prestations et fait presque oublier les quelques petits ratés du manque de concentration.

LES MOINS On reste frustré lorsque l’on tombe sur une super découverte, car on sait que l’on n’est pas près de revoir l’artiste jouer à Montréal, surtout s’il fait du bluegrass du fin fond de l’Idaho !

LES CONFIRMATIONS : Le montréalais Paul Cargnello que l’on a connu d’abord avec le groupe punk The Vendettas, n’a rien perdu de sa verve aux teintes politisées et de son énergie. En oscillant entre français et anglais, il représente à coup sur l’essence même de Montréal.
Steve Hill, sans doute le plus américain des gars de Trois-Rivières : ce type est tout simplement un génie de la 6 cordes. Celui qui a partagé la scène avec les plus grands bluesmen tels que Ray Charles, B.B. King, Jimmie Vaughan, Buddy Guy, Johnny Lang a donné tout un show avec une impressionnante dextérité. En plus, il vient d’apprendre l’harmonica, et ça lui va bien !
La pétillant Lederhosen Lucil agit dans la scène locale depuis plus de 10 ans. Avec son personnage à l’accent allemand, Krista Muir nous offre un son de clavier et des loops, elle passe du disco, au rap ou à la pop. Un vrai vent de fraicheur et une présence sur scène hilarante !

LES DÉCOUVERTES : Wax Mannequin, comme son nom l’indique, est un personnage… de cire. Avec une vraie bougie allumée et callée sur sa tête pendant la moitié de son show, il propose un folk prog-métal avec un son assez hors du commun. Si on a cru un moment au drame par un certain manque de concentration et une petite perte de confiance sur scène, il s’est véritablement rattrapé avec un final de fou : ballons éclatés aux petites bougies distribuées à tout le public, tandis qu’il se roulait à même le sol au milieu des gens, et montait sur le comptoir du bar… Un délire où tout le monde a embarqué.
Pas facile pour l’Ontarien Washboard Hank de prendre l’avion quand l’un de ses instruments est une tuyauterie terminée par un bac à vaisselle en guise d’instrument à vent ! Il est véritablement la figure de bric et de broc des hommes orchestres à tout faire fait, casseroles incluses sur la tête avec sonnette intégrée. Avec des anecdotes pleine d’humour, c’est presque à un one man show que l’on assiste.

BILAN : Pour sa deuxième édition, le festival prend ses marques et semblent attirer un public varié en remplissant les petites salles. Excellent concept pour découvrir des artistes atypiques, gageons qu’une troisième édition voit le jour en 2014 !

http://onemanbandfest.com/fr_home.cfm
Yolaine Maudet
Photos : Michel Pinault

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