PorcelainA écouter leur rock à la fois planant et électrique, on pourrait les croire venus directement des terres britanniques. Que nenni ! C’est de ce côté-ci du Channel que sont originaires les garçons de Porcelain, Francois Barriet (voix, guitares, claviers), Nicolas Levasseur (guitares, claviers), Yvan Le Guennec (basse) et Sébastien Verhulst (batterie, drums, background vocals).

De Haute Manche plus précisément (« Notre objectif principal est de désensabler la baie du Mont Saint Michel, c’est pourquoi on doit ramener beaucoup d’argent avec ce disque ! » plaisante Sébastien).C’est là qu’ils ont enregistré en 2002 un album inaugural remarquable, et pas seulement par la longueur de son titre : « I’ve got a really important thing to do right now but I can’t do it cause I’m asleep ». Alors sélectionné pour le Printemps de Bourges et les Transmusicales de Rennes, le groupe s’affirme comme un futur pilier du rock UK made in France.

C’est donc avec étonnement que l’on assiste à la confidentialité de la publication en 2005 du magnifique « Me and my famous lover », qui offrait pourtant aux amateurs de post-rock une excursion atmosphérique entre escarpes électriques et rivages électroniques. Il aura fallu faire preuve de patience avant de pouvoir réparer cette injustice et annoncer haut et fort « Adios Betty », sorti ce printemps. Un disque  » beaucoup plus pop et chanté que ce que nous avons pu faire avant. On a tourné en quelque sorte une page artistiquement parlant », explique François. « On a toujours aimé les mélodies. On ne renie pas ce que nous faisions avant. Ici, elles prennent juste le pas sur le reste ». Et si effectivement des titres comme « Tambourine » contraste avec leur ancien répertoire, il n’étonnera nullement ceux qui avaient vu Porcelain ces dernières années, puisque le quatuor jouait déjà ce titre sur scène.

Des concerts lors desquels toujours l’occasion est laissée au spectateur de rentrer progressivement dans leur univers, le groupe excellant dans la création d’ambiances, alternant tensions musicales et moments contemplatifs. Ce troisième album, bien que plus accessible, reste donc dans la droite lignée de l’exigence rock à laquelle nous avaient habitués Porcelain, et révèlera à un plus large public, on l’espère, ce groupe essentiel de la scène rock française.

Caroline Dall’o

« Adios Betty » – Drunk Dog Records / Robert Gil.

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