19 octobre 2022, Bataclan, Paris

Papooz

A l’occasion de la sortie de leur 3e album None Of This Matters Now, Papooz était de passage au Bataclan pour une soirée festive, joyeuse et insolente. Ambiance californienne seventies garantie !
Si les enregistrements du groupe sont plutôt posés, planants ou ensoleillés, il ne faut pas s’attendre à faire la sieste pendant leur live. Un simple « Olé ! » d’un des deux chanteurs pour marquer l’entrée du groupe sur scène suffit à montrer que ça va bouger. La soirée commence sur The Garden avec Armand Penicaut (le blond) et Ulysse Cottin (le brun) aux guitares/voix, plus un synthé, une basse, et une batterie. Dès le premier morceau, Ulysse, se déplace à l’avant-scène, devant les retours, tant il a envie de donner et de partager avec le public, quitte à ce que les lumières ne soient plus sur lui. Tous les musiciens sont habillés en blanc sauf Armand qui est en pantalon et veste noire. Il secoue la tête comme un métalleux sur “Twilight Of Your Mine” alors que le son est ultra planant. Les gars sont bouillants et sont là pour faire le show !!

Papooz

Dans le duo, chacun à ses gimmicks. Armand a toujours quelqu’un à qui dédier le morceau qu’il va chanter et Ulysse est hyper heureux d’être de retour à Paris. Les répliques sont parfois répétitives, certains trouveront ça justement amusant. Quoiqu’il en soit, le duo dégage toujours beaucoup de fraicheur et de spontanéité.
Arrivent ensuite deux morceaux du premier album : Simply Are, reprise de l’artiste Arto Lindsay. Le groupe est heureux et leur énergie est communicative ! Ulysse se met en scène, fait un grand pas de danse pour mettre en valeur le clavier et asperge le public d’eau. Puis vient le morceau Trampoline où Armand bouge très bien ! Au lieu de venir chacun leur tour sur le bord de la scène, les deux leaders sont à présent tous les deux au plus près de la foule et cela met en valeur leur cohésion. Ils devraient le faire plus souvent. Le bassiste, pied nus, et chemise grande ouverte ne manque pas de parler dans le micro et bouger dans tous les sens pour chauffer la salle.
L’ambiance monte encore d’un cran sur “You and I” du deuxième album et le public explose littéralement sur “Theatrical State Of Mind” : « Pa-pooz ! Pa-pooz ! » Faux départ sur “Hell Of A Woman” : « C’était la plus courte de toutes les jams ! ». Le morceau démarre et attendrit toute la salle. Les bras se balancent. Le plus beau sing along de la soirée…
Attention ! “Ulysse and the Sea”, c’est la chanson préférée du bassiste. « En balance, il ne joue que cette ligne de basse. » Le public est en liesse, malgré quelques larsens…
Les morceaux s’enchainent, notamment “Morning Sonata”, ou encore “Louise” où Ulysse et Armand lâchent leur gratte à tour de rôle. Tous deux savent garder une bonne présence scénique avec un simple micro, ce qui n’est pas le cas de tous les chanteurs guitaristes ! On vous a dit qu’Armand bougeait vraiment très bien ?? Invité par les deux chanteurs, le public monte en masse sur scène !! La fosse et la scène se mélangent et on n’est pas encore à la fin du set… ! Mais le groupe joue de plus belle ! La régie rallume alors toutes les lumières de la salle pour obliger les membres à faire redescendre tout le monde.
« On a repris nos esprits, ça y est ! Est-ce qu’on peut baisser les lumières qu’on puisse avoir une ambiance de vieux bar ? Si vous voulez allumer votre clope, boire du whisky et sortir votre borsalino c’est le moment » “Réminiscence” commence. Ulysse allume sa clope, Armand aussi, le public lance des cris de surprise puis une bonne partie se laisse aller. Des petits points rouges de braises s’allument un peu partout dans le Bataclan, suivi de petites fumées qui forment un gros nuage. On saluera la qualité de l’air conditionné de la salle car tout avait disparu au morceau suivant.
La soirée s’annonce sans fin sur “I’d rather be the moon” et se clôture sur “Figs and Gorgonzola”. L’artiste de la première partie, Kirin J. Callinan, est invitée à rejoindre Papooz sur scène, danse une valse avec Armand et se lance dans un numéro d’effeuillage en enlevant ses cuissardes noires en cuir verni à talons aiguilles. Torse nu avec Armand, ils se jettent dans la fosse.
L’ambiance est à son apogée. Nous sommes bien à Paris mais le concert nous a fait voyager si loin qu’en sortant on se dit que Papooz, c’est un peu notre petite plage californienne à nous…

Julien NAÏT BOUDA


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