Bandeau Longueur d'Ondes n° 101

BURNING HEADS – MISSILE

Rockschool Barbey, Bordeaux, le 13 mai 2022

Burning Heads et Missile en concert à Bordeaux sur Longueur d'Ondes

Un coup de cymbales nous détourne de notre discussion et déjà un gros riff gravement saturé empli la salle où nous essayons de nous glisser.

Missile vient de commencer son set de première partie. Même si le groupe est originaire de cette ville du Pays Basque, on est loin des ambiances bayonnaises telles qu’on les imagine. Oubliez les ferias, là on est dans le brûlant, le trash, le métal rouge vif qui vous marque la peau. Missile crie ses idées en anglais et balance ses riffs avec ses 3 guitares (aucune basse dans le backline) pour concurrencer la batterie qui ne laisse aucun temps mort ou demi ou quart de temps selon les morceaux. La grosse caisse très présente ne se tait que pour laisser la caisse claire s’exprimer sur le second temps ou toutes les huitièmes sous-divisions voisines. Vous l’aurez compris, Missile c’est expéditif et puissant et c’est au club Barbey qu’a eu lieu la détonation.

Burning Heads et Missile en concert à Bordeaux sur Longueur d'Ondes

 

À peine le temps de se raconter nos vies qu’un batteur teste sa grosse caisse pour faire rentrer la foule. Les riffs commencent à jaillir. Les Orléanais de Burning heads prennent doucement possession des lieux : sur la scène et dans l’atmosphère… et ce ne sont que les balances. Sur un “Okay”, le concert commence et la brit punk rock californienne emmène le public. Avec leur expérience depuis 1987, rien d’étonnant à ça. Les BH font un show qui déchire, on se retrouve propulsés à London en plein milieu des années 1980. À cela, ajouter une gorgée de rock punk californien et nous voilà déjà en train de sauter partout. Qui a dit que les groupes vieillissants perdaient en crédibilité et en énergie ? Ici personne, preuve en est faite, même le public d’une génération moins jeune qu’à l’accoutumée, ne cesse de gesticuler. La fontaine de jouvence a été ouverte. Et quand on voit l’application que le groupe a mis sur ses balances, on obtient en retour un son net qui laisse s’exprimer tous les spectres de leurs chansons. Les pogos s’enchainent avec les slams, et ici, au club Barbey, quand on fait un slam, on lèche déjà le plafond, mais c’est un détail dont tout le monde se fout royalement. Ici le “God save the queen” n’a aucun sens, nous ne sommes pas de là-bas, mais on a pris le meilleur et on y a ajouté une sauce californienne, entre 2 tranches de skate dont Burning heads a le secret. “Ready for the action” qui avait ouvert leur concert bordelais en 94 ajoute de l’huile sur le feu. Les bras sont levés, la température est extrême et les cris retentissent.

Burning Heads et Missile en concert à Bordeaux sur Longueur d'Ondes

“Fear” nous ambiance d’une chaleureuse et langoureuse mélodie ska. La foule chaloupe. À nous tous, nous battons les efforts désespérés de la clim. Le réchauffement micro-climatique bat son plein ici. Il fait au moins 8000 degrés, à l’image du nombre de volts qui animent la fosse

Le rappel s’entame sur une chanson aussi jouée en 94 ici : “Few words” de l’album Dive de la même année. Troisième chanson du rappel, reprise de Face to face, “In doubt” laisse à peine le temps au public de baisser les bras avant d’entamer une quatrième chanson et le groupe repart en coulisses quelques micro secondes. Second rappel sur l’air reggae d’ “Handcuffed”. Dernière chanson annoncée “Time’s up” donne rendez-vous aux Bordelais pour un after plus frais. À l’intérieur de la salle il fait chaud, très chaud. C’est l’effet que laisse Burning Heads.

Texte: Jason PINAUD

Photos: Carolyn CARO

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