“Beneath My Soul”

Black metal jazz kvlt record

Le black métal tire ses racines des pays scandinaves des années 90 et est rattaché aux idéaux satanistes misanthropes. Le jazz lui, vient d’Amérique du Nord et prône l’égalité raciale. Leur point commun ? Contester une période de crise et dépasser les limites par la musique. Etienne Pelosoff a fait le choix de lier les deux, et créer une harmonie surprenante et inattendue.

Présentation

« Je m’appelle Etienne Pelosoff et je suis Français. Je suis producteur, compositeur et multi-instrumentiste : basse, chant saturé, violoncelle et saxophone. Je définis ma musique comme black metal jazz, c’est-à-dire un mélange inédit de blast beats matraquants, d’harmonies vibrantes, de grooves endiablés et d’improvisations libres au saxophone. Mes morceaux visent à repousser les frontières entre ces deux mondes afin de créer de nouvelles couleurs musicales et des énergies émotionnelles.

Je fais de la musique depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. Ma mère jouait du piano à la maison et mon père écoutait des artistes jazz comme Miles Davis dans la voiture. Mon premier amour fut le violoncelle. Si j’en ai commencé les cours à six ans au conservatoire régional de Saint-Maur-des-Fossés, ma passion pour la musique s’enflamma réellement lorsque je découvris le metal, avec des groupes comme Mayhem. Quand avec ma famille, j’ai déménagé à Milan, je me suis mis à la basse électrique en formant mon premier groupe de metal qui s’appelait Radioactive Vodka. Après un Bachelor en économie, j’ai décidé de me consacrer pleinement à la musique. Je suis parti à Londres pour étudier la composition et l’arrangement. J’ai joué dans plusieurs groupes, comme Dronningen ou les Clashing Doors, et j’ai formé le groupe de metal expérimental Ignocide.

Londres fourmille de musiciens du monde entier. C’est grâce à ces rencontres incroyables, notamment avec la batteuse française Amelie G., qu’en 2018 j’ai sorti mon premier EP solo ‘Trve Brutal Black Jazz’. Nominé dans le top 10 des albums de l’année du Moshville Times (UK) et salué par Rockhard Magazine (France), son succès m’a conforté dans l’idée de poursuivre cette vision artistique neuve. J’ai alors déménagé à Berlin afin d’étudier l’enregistrement studio et la production. Grâce à ces nouvelles connaissances, j’ai sorti en 2020 un single ‘Headbang to Jazz’ qui poussait plus loin encore la fusion Black Metal Jazz. ‘Beneath My Soul’ en est son successeur.

En plus de produire, arranger et mixer des artistes de nombreux pays dans mon studio, je prépare en ce moment mon retour sur scène en tête d’affiche du Nukstock Festival en Allemagne le 27 août 2021.»

Jazz et Black Metal

« Le jazz et le black metal présentent tous deux une particularité sonore qui me fascine : dans leur musique, le son global y joue un rôle essentiel. Il y a un mystère fou avec lequel tous les instruments se mêlent aux autres. C’est ce lien unique entre les instruments qui m’a longtemps tenu en haleine en écoutant religieusement du black metal et du jazz. J’y percevais une dimension spirituelle qui résonnait profondément en moi. Un jour me vint alors cette idée folle : “Et si Miles Davis et Mayhem jouaient ensemble sur scène ?” Foudroyé par une pulsion créatrice, je fonçai sur mon clavier et matraquai des accords jazz sur des rythmes s’apparentant au blast beat. Il existait donc un lien musical entre eux. Cette révélation tourna à l’obsession : chaque morceau jazz que j’entendais, je l’imaginais en black metal, et vice versa. Mon envie artistique se précisa à force d’expérimenter. Je ne voulais pas seulement incorporer certains éléments mais les mélanger pleinement, donner à chacun une place équitable afin qu’ils puissent s’exprimer librement. Ainsi, mon travail de composition devait percer un secret jusque-là inconnu : sublimer le lien subtil qui unit deux musiques si différentes.

En fait, le lien est une notion que je chéris particulièrement. Par là j’entends tous les liens qui connectent les éléments du monde. Le lien entre un mot et le suivant dans une phrase, le lien entre la mer et la plage, le lien entre mes sœurs et moi, le lien entre l’air et mes poumons… Je passe beaucoup de temps à concevoir ces liens, à ressentir comment nous sommes tous connectés les uns aux autres, même les gens les plus différents. Et c’est ce que j’espère inspirer avec ma musique : vivre en harmonie en société. »

Beneath my soul”

«Quand l’idée de ce morceau m’est venue, j’ai senti qu’il serait beaucoup plus personnel que tous les autres jusqu’alors. À la fois plus brutal et plus intime. C’est pourquoi, pour la première fois, les paroles me sont naturellement venues dans ma langue maternelle, le français.

Le riff principal de ‘Beneath my soul’ était assez ancien et ce n’est que récemment que je l’ai complètement restructuré. Ce procédé est en fait assez métaphorique de ces deux dernières années. 2020 et 2021 ont été éprouvantes pour tout le monde, car nous avons tous dû adapter nos vies à l’environnement de la covid. J’ai donc voulu créer un morceau qui catalyse tous ces sentiments de frustration. Avec tant d’émotions difficiles à gérer, l’art se doit de dépasser ses limites afin que nous puissions surmonter nos épreuves et garder la tête haute. Pour cela, nous devons donc aller chercher au plus profond de nous-même, par-delà le visible, derrière notre âme, d’où le titre ‘Beneath my soul’.

Ce morceau pose une question ouverte à tous : que pensez-vous qui brûle précieusement sous votre âme, quelle est cette petite étincelle qui vous anime dans la plus grande adversité et pour le plus fort des bonheurs ? Ma réponse personnelle est le lien. Mon âme prospère tant que je me sens connecté à tout ce et tous ceux qui m’entourent. J’invite chacun à trouver sa réponse et j’espère que ma musique, en révélant des liens insoupçonnés, peut y aider. »

>Site d’Etienne Pelosoff

Apolline GAY


Publié le