Verdure

Upton Park

VERDUREQue ce soit clair, ces gars-là ont des choses à dire, et même si pour la plupart elles ne sont pas gaies, ils font passer la pilule sur douze titres avec un rock solide, fait de guitares entrelacées et parfois carillonnantes (“Verdure”) et un beat métronome. “Bègles”, le single, texte en avant, tire calmement le portrait d’une époque tellement bordélique que la tentation de tout envoyer valser pour aller « mourir à Bègles » en devient presque séduisante. Il est aussi question de la mort (“Hel s’en fout”), du racisme ordinaire de supporter (“Johnny vs Johnny”), de la vacuité de l’existence et de la solitude (“Ça s’arrête jamais”). D’amour aussi, mais totalement désabusé sur “S’il avait fait beau”. Redescendez les gens, tout ça c’est « que du cul » et c’est d’ailleurs sur cet amer constat que se clôt l’album. La voix a souvent des accents Bashunguesques, et “Tu peux dormir tranquille”, aurait pu figurer au répertoire du regretté Alain. Verdure est dark, oui, le fond est sombre, non, on ne va pas se réveiller demain matin dans un monde verdoyant, « T’y penses même plus ». La vie est dure, les bourrins cogneurs s’en tirent plus souvent qu’ils ne le devraient et les amours prennent toujours l’eau. Mais la musique adoucit les mœurs, et les riffs de saxo à la fin d’“Efface” sont comme un coin de ciel bleu dans l’œil du cyclone.

STÉPHANIE FAVREAU


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