RoSaWay

Le Frenchy américain

Issus du classique et du blues, très influencés par la musique américaine, le duo RoSaWay sort un second EP qui fusionne aussi bien l’électropop que la musique des années 70. Rencontre.  

Lorsque la musique se fait en duo, cela renvoie forcément à la dualité humaine, une dichotomie de contraires, et parfois du similaire. Rachel apporte la légèreté aérienne de la flûte traversière et de sa voix tandis que SteF est à la batterie. On a voulu en savoir plus à propos de RoSaWay, juste avant la sortie de leur 2nd EP Dreamer.

Tout est matière d’alchimie dans la fusion des deux artistes qui vivent aussi ensemble à la ville. Et l’union du classique et du blues fleure doux, sans pareil à l’oreille, faisant émerger des sonorités électro-pop et années 70 : « Le vrai challenge n’a pas été de faire fonctionner ses deux univers ensemble mais plus techniquement de faire jouer et dialoguer la flûte et la batterie, deux instruments dont le spectre sonore est aux antipodes. » L’acoustique de la flûte traversière module à merveille les sons synthétiques en donnant cette sensation de légèreté aérienne. Tous deux ressentent excitation et appréhension lorsqu’ils composent sur cet instrument rare sur scène que l’on aimerait entendre plus souvent dans la production musicale.

 

 

Effectivement, l’écoute de ce second opus est rafraîchissante, légère et captivante. Avaient-ils en tête de contrebalancer l’humeur sombre, indécise et décidément en berne du monde réel en proie aux crises de toutes sortes et à la propagation de la covid-19 ?  SteF précise : « Le plus important pour nous est bien de composer une musique qui peut s’écouter, ou simplement s’entendre juste comme ça, se laisser traverser par elle, danser, fredonner, chanter, sauter, crier… » Et Rachel enchaîne : « Il y a le texte pour donner une direction à notre musique, raconter une histoire ou une simple anecdote conçue à la manière d’un mini-scénario. Ces histoires sont tirées de notre vécu personnel (“On your way up”, “Dreamer”), des questions sociétales (“It’s alright” qui évoque la catastrophe écologique de façon relativement grave et contrebalancée par un refrain cynique, “Good for you” et “Mama used to say” qui évoquent ironiquement un personnage égocentrique, fruit d’une certaine société qui se replie sur elle-même.) Finalement nos chansons sont de micros tragi-comédies : la tragédie serait le texte et la comédie la musique. C’est peut-être notre côté ironique et pince-sans rire… qui sait ! »

 

RoSaWay

 

RoSaWay est un duo dans lequel les rôles sont clairs et fluides comme ils travaillent dans l’instinct de l’instant. Respect, confiance, complémentarité sont leurs mots clés en ce qui concerne leurs caractères et compétences. « Sans jamais empiéter sur le domaine de l’autre, nous sommes très clairs sur nos envies et nos objectifs dans RoSaWay pour les atteindre. » Afin de mettre en œuvre leurs envies, le duo a invité des batteurs qui ont divinement bien répondu à l’appel du tempo (Rob Lee, Joey Peebles et Doug Belote). On sait à quel point le rythme est essentiel à la mélodie et au chant et SteF fut « très inspiré par la musique et la culture New Orleans qui a vu et fait naître la batterie moderne ». Il a vécu aux Etats-Unis de nombreuses années et « à la Nouvelle Orléans pendant un an. Cette expérience m’a marqué à vie. La chanson ‘’Mama used to say’’ a été pensée entièrement à la manière de la musique New Orleans et quoi de mieux pour lui rendre hommage que de la partager avec des amis musiciens issus de cette culture. Quel bonheur et surtout quel honneur de se dire que nous avons collaboré avec de si grands noms de la musique américaine ! ». Rachel note que toutes leurs inspirations pour RoSaWay sont anglo-saxonnes et principalement américaines, « mais le plus drôle c’est que le public américain nous trouve « so frenchy ». Parmi leurs influences, les artistes qu’ils ne se lassent pas d’écouter on trouve beaucoup d’Américains comme Stevie Wonder, John Mayer, Snarky Puppy, Chick Corea, Anderson Paak, Lizzo,  Black Pumas, Andrew Bird, Cory Henry, The Markus King Band et les Anglais The Police. RoSaWay s’est produit à New York et la majeure partie de la carrière de batteur de SteF s’est déroulée aux Etats-Unis.

 

RoSaWay

 

À propos des points communs et des différences avec la scène en France SteF remarque qu’« il est beaucoup plus aisé d’obtenir des concerts aux USA. Les Américains sont friands de découvertes, de nouveaux groupes ; ils laissent donc facilement la chance aux groupes émergents de s’exprimer sur scène. Le public américain se déplace beaucoup voir du live, même d’artistes qu’il ne connait pas. Aux USA, la musique est omniprésente dans la vie des gens. Elle se voit et s’écoute en live. Ils ont un réel sens du show sûrement parce qu’ils jouent presque tous les jours. Mais si le public américain est ouvert aux découvertes musicales, il reste très exigeant. En revanche, il faut que « le boulot » soit fait. À chaque fin de concert, les promoteurs de la salle font le bilan de la prestation. Si c’est bien, leurs portes restent ouvertes, on revient jouer quand on veut et ils en parlent autour d’eux, si c’est moyen par contre… c’est plus compliqué. » Différence de taille donc dans « le line up, aux USA, les salles ne fonctionnent quasiment pas par styles, en tous cas pour les scènes d’artistes émergents. Il nous est souvent arrivé de partager la soirée avec des groupes de rock, de hip-hop, d’americana, de jazz ou d’électro. C’est une expérience très enrichissante en tant qu’artistes et je pense que pour le public c’est une réelle ouverture ». RoSaWay est un nom qui évoque la couleur rose, la fleur, et prend le sens d’un prénom. Sur l’origine de ce nom et sa mise en majuscules interne Rachel précise qu’il s’agit de leurs « initiales respectives : Rachel Ombredane, Stéphane Avellaneda. » Le « Way est en anglais la façon de faire, faire son propre chemin…. En joignant nos deux initiales,  nous créons un prénom qui est le symbole de l’union de nos deux univers musicaux. Mais ce nom peut évoquer la couleur ou la fleur… pourquoi pas ! ». Tout est ouvert et possible dans l’univers de ce projet.

Vanessa Maury-Dubois

Photos : AUDREY+WANDY

Dreamer – Infinity Gritty & Ropeadope Records

>> Site de Rosaway


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