Le silence

Grosse Boîte

Jimmy HuntD’abord, c’est un couloir étroit et obscur, un passage vers ailleurs, une sortie imminente de labyrinthe. Des chansons sans lien apparent s’enchainent, et c’est là la première force d’un Jimmy Hunt. Plus tard, on s’apercevra que c’est un film cohérent qu’il livre en musique, que s’il parle de solitude, c’est qu’il commence à en sortir. Pour apprendre à l’apprivoiser, il faut savoir l’évoquer  ; pour savoir grandir, il faut apprendre à la convoquer. Lui la convoque partout. Il suggère le silence ou l’absence dans des formats épurés de chansons, dans des chœurs et sifflements qui en disent plus sur les maux que les mots eux-mêmes. Et puis il y a ce timbre de voix, proche d’un Gainsbourg, d’un Sagot, d’un Fred Fortin. Autant d’hommes qui n’ont pas besoin de brailler pour s’exprimer. Le disque se clôt avec la sensation d’un voyage moins douloureux que supposé. Et puis ce couteau sur la pochette vient nous rappeler nos plaies indispensables pour trouver le courage d’aller plus loin.

À écouter en priorité : “Ambulance”, “Les gens qui m’aiment”.

SAMUEL ROZENBAUM

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