L’Antéville

Autoproduit

CuicuitteEt dire que cela commençait si bien, sur une note douce et apaisante ! Alors que l’on part à la découverte de cette nouvelle formation, il convient de ne surtout pas se laisser abuser par l’aspect enfantin et inoffensif de leur patronyme, ni par les arpèges délicats de guitare acoustique, la flûte, les accords de piano et autres chants d’oiseaux primesautiers. Calme, la musique de ce groupe mystérieux ne l’est que par intermittence. Car derrière les jolis accords, la tempête gronde sous la forme d’inquiétants bourdonnements d’origine inconnue (cf. « Le Rituel de la perte de vue »). Au fil des titres, la mutation s’opère ; au fur et à mesure que l’on avance dans le disque, les sons deviennent expérimentaux, avant-gardistes, bruitistes et bruissants d’une violence sourde (« Entfremdung »). Le groupe prend un malin plaisir à jouer avec nos nerfs, nos oreilles, et accouche d’une œuvre entièrement instrumentale, troublante et bicéphale où le calme succède à la tempête. L’antémusique ?

À écouter en priorité : « Lendemain de cuicuitte », « Palette d’huiles », « On aurait eu l’idée d’aller déjeuner devant la mer ».

RÉGIS GAUDIN

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