Dead Bones Bunny au Rock School Barbay ©Benjamin Pavone

Le swing du lapin

Depuis toujours, la musique a été faite de croisements musicaux improbables, de mariages audacieux, parfois même contre-nature, qui ont pu donner des résultats insensés. Celui osé par ces Parisiens va très loin dans l’originalité puisqu’il mélange deux genres que l’on aurait pu imaginer inconciliables : le metal et le rockabilly : « Dans le groupe, les gens viennent plutôt du milieu metal mais en se mettant à certains instruments comme la contrebasse, ils ont commencé à s’intéresser au rockab’. » Il y a certes déjà eu dans un passé récent des groupes américains qui ont tenté des hybridations s’en rapprochant, à l’image de Volbeat, avec sa synthèse réussie d’une country à la Johnny Cash avec le hard-rock, mais en France, on ne connaît personne, à part ces petits lapins, à avoir imaginé un tel cocktail. En plus d’être novateurs, les Dead Bones Bunny ont en outre réussi la gageure de sortir un premier album un an seulement après la formation du groupe. Un véritable exploit. Un disque qui voit la rencontre musicale de Gene Vincent avec Motörhead. Un pied dans le rockab, un autre dans le metal, les Dead Bones Bunny chantent comme Lemmy et swinguent comme les Stray Cats. Avec leur univers cartoonesque qui évoque fortement Tarantino, le western et les road-movies, ils ont en tout cas créé un monde fantasmagorique très drôle et bigarré avec en figure de proue leur égérie Bunny Bones, à l’origine de la formation du combo : « Je viens des années 50 avant d’être propulsée en 2019. » Avoir osé mélanger deux genres aussi codés que le metal et le rockab’ était un pari fou. Le groupe l’a réussi avec une maestria qui fait plaisir à voir et à entendre.

PIERRE-ARNAUD JONARD 

Photo : BENJAMIN PAVONE

What’s up rock
Autoproduction

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