la grande sophie

 

Contrairement à ma curiosité, la nuit est tombée. Je rôde dans un village aux allures de fourmilière, une Tadoussac à la fois calme et agitée. Certes, rien de comparable au maelström de Montréal, mais surtout rien qui n’approche le
stéréotype grossier que je m’étais imaginé. Je croyais débarquer en 1880, accueilli par les cousins lointains de Laura Ingalls, me voilà à la place dans un Milm de Miyazaki. La brume aidant, la dimension fantasmagorique et  cinématographique de la promenade nocturne s’accentue ; la lumière des phares de voitures et des devantures de
magasins s’imprime sur ma rétine. C’est sublime. Au milieu de ces images improbables, l’étrange s’impose et me force à me questionner sur l’époque où j’ai appris à avoir peur au point de décider de rester coincé hier.

Pour se remplir d’ailleurs il faut un ailleurs et une bande-son. La musique dans notre tête est indissociable des
sentiments que l’on développe face à ce que l’on vit. Seul, on peut courir le monde. Avec la musique, on voyage autrement, plus loin. Pour cette troisième étape à Tadoussac, c’est La Grande Sophie qui a fait ofMice de guide. Suite du road trip dans une semaine, ou tout de suite dans le numéro 91 de Longueur d’Ondes.

 

 

Texte & photographies : Samuel Rozenbaum.

Cet article a été écrit durant le festival de la chanson de Tadoussac 2019. 

Playlist Deezer ici.


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