Peine perdue

Éditions Le Dilettante, 192 pages, 17€

Peine perdueLe roman s’ouvre sur la mort de la femme de Vincent, musicien. On s’attend à un effondrement, mais rien ne vient. Au contraire même, c’est un éveil soudain : Vincent ne l’aimait plus depuis longtemps. Les sentiments se transforment rapidement en rancœur et Karen, feu sa femme, devient la source de tous les maux. La mort se veut révélatrice ; Vincent réalise combien cette dernière l’avait étouffé dans une vie conjugale qu’il n’avait pas désiré. L’auteur propose une thématique très intéressante : le deuil par la victimisation de soi ; remplacer le manque par la haine. C’est aussi un roman sur l’âge – comment refaire sa vie, la quarantaine passée –, sur le quotidien d’un musicien, entre tournées et opportunités de signature avec un label, sur la solitude et les actes désespérés qu’elle entraîne. Bien que l’on puisse reprocher quelques facilités au texte, l’ancien leader de Starshooter réussit à traiter un sujet de manière non conventionnelle, à surprendre le lecteur dès les premières pages et à maintenir son attention.

LAURA BOISSET


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