ADRIEN LEGRAND

Tête en l’air, l’air de rien

Il y a des idées qui surgissent comme ça, quand les pensées se réfléchissent sur le plafond monotone d’une chambre, et que survient cette question existentielle tombée du ciel : « Quelle est ma place dans ce monde ? ». Un sentiment qui étire ce projet solo formulé sans artifice et en toute transparence ; ainsi Adrien Legrand a décidé de se présenter sous son patronyme civil, sans tricherie ni conflit d’identité. Après deux groupes (Gandi Lake et Veik) et la trentaine avenante, le jeune homme s’explique sur la naissance de son premier EP : « Cela s’est fait par hasard, j’enregistrais des morceaux seul chez moi, mais ils ne collaient pas avec mes deux groupes, car je les avais composés entièrement au piano. Je me suis mis à composer avec cet instrument pour la sonorité qui en ressort et aussi, car je suis très à l’aise avec, du fait de mes études sur les harmonies en jazz. Je pars des gris pour créer des mélodies. La couleur de l’accord que tu entends doit dégager une sensation, une impression et donc une image. » Telle une photographie en sépia, le jeune homme dit être touché par une mélancolie heureuse qui le transporte inlassablement vers le passé. « Je suis d’une nature nostalgique. J’aime quand la musique joue avec ce sentiment. Se remémorer le passé, ce n’est pas forcément quelque chose de déprimant, au contraire. » Et pourtant, c’est bien devant lui que le garçon regarde, même au-dessus, tant sa musique est un élixir de légèreté transportant l’esprit dans un nuage de béatitude. « Je suis régulièrement dans la lune et je décroche vite de la réalité. Souvent, des personnes me disent qu’elles ne ressentent pas immédiatement quelque chose dans mes chansons, mais qu’elles sont ensuite rappelées vers elles. C’est assez étrange je dois avouer. » Seules les âmes capables de contemplation seront donc appelées là-haut. N’oubliez pas votre corde sensible.

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JULIEN NAÏT-BOUDA
Photo : BORIS COLLET


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