H BURNS

En ligne droite vers la mélodie

Le septième album d’H-Burns est sorti fin mars. Derrière ce pseudonyme très américain se cache en fait Renaud Brustlein, un Français d’une quarantaine d’années nourrit à la musique anglo-saxonne. « Je suis certainement un homme d’Amérique, à défaut d’être un blues-man. Avec ce nom j’ai d’abord voulu brouiller un peu les pistes. Ce patronyme n’est pas facile à situer sur la carte. »
De fait, à l’écoute de Mid life, son nouvel album, difficile de se dire que tout a été écrit, composé et enregistré aux pays des mangeurs de grenouilles ! « Je n’ai pas les références pour chanter en français. Pour moi, la voix est un instrument de musique comme un autre. Je me sers du langage autant pour le rythme que pour la signification. »
Renaud n’a clairement pas essayé de faire sonner les mots en français, il s’est au contraire attaché à tirer le meilleur des syllabes en anglais. « Avec le français, on a tout de suite tendance à tomber dans la chanson à texte. Avec l’anglais, on peut décider de ne pas écouter le texte tout de suite si l’on n’a pas envie. On peut même décider de ne jamais l’écouter et se laisser juste emporter par une rythmique. »

 

H-Burns

 

Le chanteur n’a pas tiré pour autant une croix sur les textes, quitte à le faire en anglais ! « Mon public reste majoritairement francophone, et je me développe à 90 % en France alors le texte reste pour moi très important. C’est 50 % du boulot. Je mets ma voix bien devant pour justement mettre les textes en évidence. Je mets aussi à disposition toutes les paroles des chansons sur Internet dès la sortie de chaque album. Il y a une volonté de faire comprendre mes paroles, surtout sur cet album où elles sont beaucoup plus terre à terre. »
L’album a été créé à La souterraine, un petit village de la Creuse, dans le studio de Stuart Staples, le leader des Tindersticks. « Je l’ai rencontré lors d’un concert aux Nuits de Fourvières, à Lyon. Nous avons sympathisé et je suis allé chez lui une semaine faire des maquettes. Nous avons joué ensemble et j’ai pu écouter ses conseils éclairés. Il m’a dit que je n’avais pas besoin de lui pour produire le disque. » Une belle reconnaissance pour le petit Frenchy. « Je fais de la musique notamment pour permettre ce genre de rencontres entre les mondes : j’ai grandi avec la musique des Tindersticks ! »

 

H-Burns

Fort des conseils de son mentor, Renaud a donc décidé de produire lui-même ce nouvel album, entre folk et rock indé. Et même s’il compose tout tout seul et s’il joue lui-même du clavier et de la guitare, il a su s’entourer en studio de musiciens confirmés, dont le batteur des Tindersticks, pour mener à bien cette nouvelle expérience.
Le résultat est un album particulièrement soigné, avec de magnifiques morceaux, notamment la chanson titre, liée à la crise de la quarantaine. Ce morceau survole le propos. « Ce disque correspond parfaitement à ce que je voulais présenter. Ma maison de disques, ne cherche pas à lisser le projet, j’ai une certaine liberté. J’aime les mélodies immédiates, les refrains qui restent en tête, les pop songs à l’immédiateté mélodique. Il faut un plaisir immédiat. »
Chanson particulière de ce recueil musical, “Sister”, un duo avec Kate Stables, la chanteuse de This is the kit, est un sublime portrait de femme face à ses désillusions. « Je voulais quelqu’un de lumineux pour chanter cette chanson avec moi, Kate apporte beaucoup de bienveillance. » Les galeries de portraits, les rencontres, les horizons bouchés dans une petite ville de province forment l’ossature de la galette, par ailleurs musicalement plutôt emporté vers les grands espaces sonores.
Après un printemps consacré, c’est une première, à la promotion du disque, H-Burns débutera réellement sa tournée à la rentrée de septembre. Non sans avoir auparavant fait quelques belles dates, comme une Maroquinerie à Paris le 14 mai et la première partie de Cat Power à la Philharmonie de Paris le 4 juillet prochain.

 

PATRICK AUFFRET

Photos : LOUIS CANADAS

 

>> Site  de H-Burns 


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