PARANOID

 

Mois après mois, la scène pop toulousaine se révèle comme l’une des plus talentueuses et riches de l’Hexagone. Après les petits génies d’I Me Mine, un autre groupe fort prometteur émerge actuellement de la ville rose : Paranoid.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, Paranoid ne tire pas son nom du titre éponyme de Black Sabbath, mais du morceau de Radiohead, “Paranoid Android”. Le groupe n’a qu’un peu plus de deux ans d’existence, mais déjà deux EP à son actif. L’un fin 2017 et un autre tout récemment, Dark Light, particulièrement intéressant. Dans ce disque, le jeune combo fait déjà preuve d’une grande maturité avec des titres qui évoluent entre pop, morceaux aux sonorités vaguement 80’s et petites incursions électroniques. La formation classique des musiciens, puisqu’ils ont tous fait le Conservatoire, explique peut-être cette qualité d’arrangeurs que l’on perçoit chez eux : « Avoir fait le Conservatoire te permet de bien connaître tes instruments. On a écrit des morceaux avant même de savoir jouer de la guitare. Notre musique a un côté très spontané. Ce n’est pas parce que tu connais bien la musique, que tu vas forcément complexifier ce que tu produis. »

 

 

La musique atmosphérique proposée par Paranoid ressemble à une sorte de voyage spatial. On y sent une grande facilité pour écrire des morceaux qui pourraient devenir de futurs tubes. Ce Dark Light illustre à merveille l’univers si particulier des Toulousains, entre lumière et ténèbres. « Si notre musique est lumineuse, nos paroles possèdent quelque chose de mystique. On parle de l’amour qui a un côté ensoleillé et joyeux, mais également un autre beaucoup plus noir. Dans notre message, il y a un aspect quête initiatique afin de trouver la libération du son, des corps, à l’image de notre pochette qui décrit une sorte d’humanoïde. »

 

PARANOID

 

Le groupe a évolué depuis ces débuts, passant d’une brit-pop on ne peut plus classique à un son plus électrique même si les ingrédients de la pop pure restent bien évidemment présents. On imagine chez ces jeunes garçons une recherche perpétuelle de la mélodie parfaite qui en font des petits cousins sudistes des Beach Boys. « La brit-pop est l’une des références du groupe, mais pas seulement. Nous sommes influencés par le rock des années 90 à la Smashing Pumpkins, par des groupes comme Cure et par les grands classiques : Bowie, les Beatles ou Peter Gabriel. C’est pour cette raison que nous chantons en anglais. Toutes nos références viennent de la musique anglo-saxonne. »

Le groupe a grandi au sein de la scène toulousaine, une scène qui a révélé nombre de combos fort intéressants au cours de ces dernières années et continue d’être toujours aussi active. Paranoid admet d’ailleurs que malgré sa grandeur, Toulouse reste un village où tout le monde se connaît : « Cela crée une émulation positive entre les groupes. On a travaillé avec Serge Faubert du Studio de l’Imprimerie sur notre EP. Il avait produit I Me Mine il n’y a pas longtemps et dans le passé, plusieurs noms marquants de la scène toulousaine : After Marianne ou Kidwise. »

Avec Darklight, Paranoid vient d’entrer lui aussi dans le cercle des groupes toulousains qui marqueront les prochaines années. Affaire à suivre donc.

PIERRE – ARNAUD JONARD

 

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