Soirée du 18 février 2019 à La Maroquinerie, Paris

QUOI ? Un festival de trois semaines qui propose des concerts dans toute la France. Créé en 2006 à La Maroquinerie pour « réchauffer février » et mettre à l’honneur le blues et qui, petit à petit, s’est étendu à d’autres salles de concerts (plus d’une dizaine) et d’autres styles de musique, se transformant en tournée de concerts.

AU PROGRAMME : une soirée 100 % rock ; 88,88 % masculine ; 100 % énergie scénique.

HOWLIN’ JAWS est un groupe de blues-rock au style très 50s : cheveux gominés en arrière à la Danny Zuko, rouflaquettes, petits blousons, jolis jeux de jambes… C’est un trio parisien pas banal – guitare, contrebasse, batterie – qui propose une musique rock’n’roll à la Elvis et qui ne manque pas de fougue sur scène ! Il y a aussi du surf des musiques british 60s sur des titres comme “Tough love”. Bref, ces mecs sont dans la nostalgie d’une époque, offrent une musique qui ne se fait plus et on adore ! Une très bonne première partie dont on aurait aimé en voir/entendre davantage !

THE SCHIZOPHONICS sont plus dans la représentation que dans la présentation de leur musique, ce qui est aussi plaisant que frustrant. On aurait aimé que le chanteur se pose un peu pour que l’on puisse saisir pleinement ne serait-ce qu’une de leur chanson. Mais non, celui-ci saute à tout va, enchaîne les grands écarts américains (ils sont d’ailleurs de Californie), les roulades arrière, bondit et atterrit sur ses genoux – on en frémit, on a mal pour lui ! Dès la première chanson, le leader est en nage. S’ils impressionnent au début, on se lasse cependant vite du spectacle.

YAK : le public était là pour eux. Et pour cause, les prestations scéniques du trio anglais sont reconnues ! On navigue d’émotion en émotion au gré de leur musique tantôt d’un rock’n’roll et noise dévastateurs, tantôt d’un psychédélique envoûtant. Avec Yak, on est dans le vrai rock : les gars ont un propos, le leader, Oli Burslem, donne tout pour sa musique, quitte à dormir dans sa voiture après avoir tout mis dans l’enregistrement d’un nouvel album. Il est aussi généreux sur scène, il prête son micro pour chanter en duo avec le public, il se jette dans la foule avec sa guitare, va au contact. Il donne tout, avec fougue et passion.

PUBLIC : Trop calme, planté sur son emplacement duquel on ne saurait le déloger, ne serait-ce quelques secondes pour prendre des photos, insultant presque à la vue du badge accréditant notre photographe. Les mecs sont là pour Yak et ne bougeront pas de leur place. Bon, soit. Seul un gars s’en donne à cœur joie, opérant une bonne trentaine de slam, sautant comme un saumon norvégien depuis la foule. Une nana saute depuis la scène dans le public et est encouragée par le chanteur de Yak d’un « That’s a good behaviour ». Oli tente d’inciter le public au bordel général, mais ces jeunes gens proprets ne savent pas le faire. On est loin du concert des Johnny Mafia où le contact était de mise, où presque tout le public était monté sur scène pour embrasser le groupe et/ou sauter dans la foule. Ce public-ci est bien trop sage à notre goût. Le rock, ça doit déborder ! Et ce n’est pourtant pas l’énergie sur scène qui manque !

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Texte : Laura BOISSET
Photos : Guendalina FLAMINI


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