Milos Asian

Du 23 au 27 janvier 2019, Bordeaux (33)

 

CARTE D’IDENTITÉ : Panorama de la culture rock bordelaise et grosses têtes d’affiche internationales.

LES PLUS : La soirée « Rock en ville », qui permet de partir à l’assaut des (petites) salles bordelaises, cafés et bars associatifs pour y rencontrer un très grand nombre de groupes atypiques. Avides de découverte, ce sont surtout ces derniers que nous avons privilégié durant le festival.

 

ASTRODOME

 

LES MOINS : La disparité entre grandes salles et petits bars qui ont vu passer pourtant d’excellents groupes dans des conditions qui, si charmantes car familiales et aux aspects underground, n’ont pas forcément pu offrir à tout moment une grande capacité d’accueil et d’écoute.

 

LES HALLES

 

OUVERTURE : Grand Peter Hook qui ouvre dignement le bal mercredi pour la première soirée, accompagné des Light… Si la première partie, consacrée à l’album Substance de New Order passionne et célèbre, l’effervescence de la seconde, reprise des titres de Joy Division, libère avec ardeur et nostalgie une juvénilité qui brûle encore, et qui ne sera jamais entièrement consommée. Hook est galvanisé. Une histoire de mouvement.

MAMAN POST-PUNK : Au fond du bar l’Avant-Scène, on attend de découvrir l’énergique trio Atomic Mecanic. Surprise : la basse de la chanteuse repose sur un ventre bien rond ! Le concert est rapide, efficace et sans prétention. Ça joue fort, si fort que l’on peine parfois à entendre la voix, qui, quand elle résonne un peu plus, ne démérite absolument pas. Tantôt garage-music robuste, tantôt post-punk décidé, on est enfin réchauffés !

 

Atomic Mecanic

 

AMBIANCE REVERB’ : C’est dans la chaleureuse cave de l’Astrodome que nous nous rendons afin de découvrir le tout jeune groupe Cosmopaark. La musique est arachnéenne et on suit avec plaisir la trajectoire des trois pilotes. Le son qu’ils nous délivrent est un très bon mélange de dream pop, de shoegaze et d’indie encore plus vaporeux. Le public balance souvent la tête et semble rêver en même temps…  La nébuleuse Cosmopaark a de beaux jours devant elle !

 

Cosmopaark

 

FOUGUE : Bordeaux Rock se poursuit en plein cœur du quartier Saint Michel à la Voûte, avec Little Jimi. Aucun doute sur l’essence musicale et les potentielles étiquettes complexes que s’attribuent parfois certains groupes : c’est tout simplement un groupe de rock que nous venons ici d’écouter, et cela devrait amplement suffire à la description. Certes, les morceaux lorgnent largement vers le psyché et le stoner, mais au delà, la musique est éloquente, la technique au rendez-vous. Avec leurs riffs survoltés et une voix planante rappelant certains prophètes, les agités de Little Jimi font en plus de cela preuve de talents gymniques sur scène. Le public semble conquis.

 

Little Jimi

 

HORROR STORY : On a l’impression de débarquer à une soirée zombie/rockabilly (oui ça existe) de série Z quand on se retrouve nez à nez avec Doktor Avalanche, se trémoussant depuis déjà un moment sous le sol de l’Antidote et faisant visiblement rire l’assistance. Maquillage qui coule, grimaces et poses lascives au programme… seulement pour les amateurs du mauvais goût et du grotesque parodique, érigé en drôle de messe occulte.

 

Doktor Avalanche

 

FOLK LUMINEUSE : Milos Asian nous livre une performance tout en couleurs à bord de l’I Boat pour l’ouverture du vendredi soir. La voix est chaude, boisée, tandis que la musique, très humaine, invite aux vastes pleines. Les morceaux s’enchaînent avec aisance et on respire très bien.

Milos Asian

 

ENTHOUSIASMANTE : l’électro décomplexée de Tender Forever, le projet de Mélanie Valéra, qui oscille entre Olympia et Bordeaux. Cette dernière bidouille brillamment machines et instruments sur scène pour un résultat dansant et décomplexé, aux sonorités très actuelles. Il ne faut pas pour autant négliger la voix, intuitive et très déliée. Stimulé, le public venu l’écouter connaît les refrains par cœur et scande en synergie avec l’artiste, à tour de rôle délicate et pêchue.

 

Tender Forever

 

ANTHOLOGIE : L’ IBoat réunit pour la même soirée club deux figures historiques (se faisant rares) de la musique industrielle : Douglas Mc Carthy (Nitzer Ebb) et Patrick Codenys (Front 242). Le premier est accompagné d’un DJ actuel, Fixmer, amoureux de la techno EBM. Le mariage de cette rencontre qui date de 2002 a pour objectif de créer un pont entre la violence de l’Electro Body Music et les sonorités plus alternatives de la techno de nos jours. Les générations qui se croisent et s’associent, telle est la volonté de la sélection Bordeaux Rock, et elle nous en voit ravis. Le live est radical, c’est forcément du sport.

Arrive ensuite le Belge Patrick Codenys qui offre un DJ-set à l’image de ses appétences musicales; la new wave passe ensuite le relais à la cold pour accoster sur des territoires plus durs encore et plus dansants à la fois. On sort de cette soirée martelé, et c’était précisément le but recherché.

BILAN : Entre l’émotion des concerts d’artistes emblématiques et le bouillonnement des talents locaux émergeants, Bordeaux Rock tient ses promesses et met encore une fois la fourmilière rock bordelaise à l’honneur pour cette édition 2019.

 

ANNA KRAUSE

photos : CLAIRE BRIBET

 

 

 


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