Il Francese

[PIAS]

JEAN-LOUIS MURATSeulement quelques mois après l’entreprise de démolition de la chanson que fut l’expérimental Travaux sur la N 89, l’Auvergnat revient à une certaine forme de classicisme, en conservant toutefois l’option « machines ». Ainsi, Il Francese, conçu avec l’indispensable Denis Clavaizolle, est à rapprocher de l’indémodable Dolores (1996), pierre angulaire de leur collaboration. Retour aux fondamentaux qui font l’identité du chanteur, à savoir un soin tout particulier apporté aux mélodies, ainsi que des textes à forte teneur poétique. Musicalement plus groovy que jamais, les compositions servent un propos où se disputent les attirances de Murat pour les Etats-Unis et son offre culturelle, l’appel du Sud, notamment l’Italie. Des figures historiques (Marguerite de Valois, Joachim Murat – tiens, tiens !) font l’objet d’évocations appuyées. Plusieurs hommages aussi ; à Otis Redding d’abord, avec “Sweet Lorraine”, à la comédienne Silvana Mangano (et au cinéma italien) ensuite sur “Silvana”. Le chant suave du chanteur est ici en état de grâce, notamment sur le mélancolique “Je me souviens”, titre de grande beauté clôturant l’album.

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À écouter en priorité : « Je me souviens », « Silvana » et « Hold-Up (ft. Morgane Imbeaud) ».

ALAIN BIRMANN


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