Auguste

Label 440 / [PIAS]

LEILA HUISSOUDFaconde et verbe haut, la gouaille fièrement affichée par la jeune chanteuse l’a, d’emblée, placée comme une héritière vocale de la Môme Piaf. Mais il ne s’agît là que d’un premier niveau de lecture, pour qui s’arrêterait à l’aspect jazz et rétro de sa musique. Derrière la nostalgie de façade, l’artiste révèle un univers pour le moins personnel où l’Auguste, le contrepoint du clown blanc, un héritage de ses années en école de cirque, tient un rôle essentiel. Entre humour grinçant, engagement social (le rouge de la pochette) et émotions palpables, Leïla se révèle une interprète au sens plein, c’est à dire autant chanteuse que comédienne, endossant, un à un, les rôles des personnages dépeints dans ses textes en autant d’impressionnantes acrobaties vocales. Le tout sur un fond musical classieux et élégant, marqué par le jazz manouche, où contrebasse, xylophone, piano, cordes et cuivres composent un univers à l’irrésistible charme suranné faisant mouche à tous les coups.

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À écouter en priorité : « Auguste », « Chianteuse », « Lettre à la Suisse », « Ecrit d’invention » et « Les tours de rond-point »

RÉGIS GAUDIN


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