©KevinGombert @NuitsSecrete - Longueur d'OndesDu 27 au 29 juillet 2018 à Aulnoye-Aymeries (Nord pas de Calais)

Météo: Canicule le vendredi puis baisse des températures pour arriver à un compromis d’une vingtaine de degrés le week-end.

Cadre: Plein air pour la grande scène et l’Eden. Plein air + intérieur pour les Parcours secrets

Les plus:

-Une programmation aux petits oignons.

-Un public du Nord festif sympathique et bon enfant.

-Les fameux parcours secrets qui ont fait son succès. Toujours aussi bien rodés, ils transportent les festivaliers dans un lieu tenu secret pour y découvrir le set d’un artiste lui aussi tenu secret. Un plaisir pour les yeux et les oreilles.

-Le décors de l’Eden, la nouvel scène du festival et son cadre industrielle d’ancienne usine d’ogives

-Le live de Lomepal qui munie d’une pastèque gonflable se jète pour surfer sur la foule.

-La bonne idée écolo d’offrir une consommation à tous ceux qui ramènent au bar 30 gobelets que les festivaliers ont jeté sur le site. Des piles de gobelets défilent ainsi dans tout le festival alors que les détritus eux ne s’amassent pas.

Les moins: Depuis le terrible attentat de Nice, les consignes de sécurité se sont durcies pour les festivals. Les Nuits Secrètes ne sont pas épargnées et en font les frais. Topo d’un festival qui se déroulait dans tout le coeur de la ville entrainant un sillon de festivaliers dans les bars et les rues, nous voilà cantonnés à un lieu quasiment unique. Exit les concerts dans le bus anglais, le tracteur, l’Eden excentrée. Si ce n’est clairement pas la faute du festival qui fait le bon choix, ce changement le force à perdre une petite partie de son ADN.

Reprises et vocalises: Un tour de bus et nous voilà devant Sandra Nkaké qui ouvre les parcours secrets de ce samedi 28 juillet. Aidée seulement d’un musicien, la belle captive un par-terre de spectateurs dans le jardin qui lui fait face. Derrière elle, la grande maison de pierre observe sa performance. Pas un bruit ne vient troubler la voix grave et puissante de celle qui vit et possèdes ses morceaux. Changeant de voix au gré de ses textes, la musicienne ébloui et offre au Heroes de Bowie des notes expérimentales.

La confirmation: Il n’y plus aucun doute à avoir, Eddy de Pretto est déjà devenu un très grand de la chanson française. Après avoir captivé son public dans des salles plus intimistes que ce soit à Bourges ou plus tôt dans l’année au Mama Festival, le voilà qui dompte les grandes scènes de festival. Devenu maître dans l’art de plaire, celui qui chantait ses maux les partage à présent avec douceur et puissance. Un magicien qui fait danser les foules pour panser ses plaies.

-Shaka Ponk est de loin le groupe le plus attendu des Nuits Secrètes. Pour preuve, très nombreux sont les festivaliers à porter un tee-shirt à l’effigie de la formation. Ces adeptes ne seront pas déçus. Aidés de leurs écrans géants qui donnent l’illusion d’un décors (fantastique) en 3D, les musiciens se déchaînent. Frah, le chanteur, finit même par traverser la foule pour reprendre du Nirvana sur le bar en plein milieu du site. L’énergie est telle qu’elle restera perceptible, dans chaque festivalier et ce longtemps après la fin du set.

Le coup de coeur secret: Deux scènes principales drainent les festivaliers et offrent aux têtes d’affiche l’occasion de se déchaîner. Pourtant, un scène cachée sur le site, la Station Secrète offre son lot de merveilles à qui saura la trouver. C’est là que Malik Djoubi ensorcelle la foule. Malgré une performance un brin trop statique, notre homme complice avec son musicien ensorcelle ceux qui l’écoutent. Des notes aériennes aussi parfaites en live que sur album se mélangent aux sonorités venues d’ailleurs de cette pop hors normes. Un moment magique qui sera renouvelé lors de son parcours secret du dimanche 15 heures. Dans une tante géante installée au fond dans un champs, notre chanteur éclôt face à un public conquis et des vaches au loin… un brin moins attentives.

Le secret partagé: C’est bien connu dans le Nord, les gens sont accueillant, fêtards, toujours prêt à s’amuser. Bien loin des codes de festivals où l’on se prend plus au sérieux, il n’est pas si surprenant de retrouver nos chtits festivaliers en trains de se lancer dans un queue leu-leu géante en attendant la performance d’Alt-J.

Le live qui ne décolle pas: ALT-J l’une des têtes d’affiches de la soirée du samedi, ne laisse jamais indifférent sur album. La voix de son chanteur, ses excellent musiciens, son rock hypnotiques et ses envolés lyriques, tout sur papier promet de passer un excellent moment. A cela prêt qu’en live la sauce ne prend pas. S’il n’y a rien à redire des qualités de musiciens de la formation, côté scène il ne se passe pas grand chose. Un jeu de lumières extrêmement calé vient compenser l’absence d’investissement du groupe. Mais ça ne suffit pas.

Le live coup de poing: C’est Bagarre qui a la lourde tâche d’ouvrir les festivités du dimanche. Difficile de canaliser une telle audience? Point du tout pour Bagarre qui crée en quelques secondes le club, ce lieu où tout le monde peut être lui-même et se déchaîner. Topo en moins d’un titre tout le Monde danse. Les musiciens alternent leurs places, passant du chant aux percussions avec une aisance déconcertante, quand enfin vient le temps de « La bête est amoureuse », le public est déjà conquis. Point de bruits d’orgasmes mimés allongé dans la fosse cette fois pour notre chanteur mais un beau moment d’osmose enroulé dans un drapeau arc-en-ciel.

Dernier trajet: C’est à Aulnoye-Aymeries que sonne l’heure de la dernière du mois de juillet pour Thérapie Taxi. Bien décidés à fêter ça comme il se doit, Raphaël Faget-Zaoui, le chanteur, se déchaîne. le public lui rend bien, ainsi un Spider-Man rouge slam depuis l’autre bout de la fosse pour venir danser sur scène. Il n’est pas le seul à se mêler à la fête. Une jeune fille le rejoint et vide sa bouteille d’eau sur la tête du chanteur … à sa demande. « Hit Sale » et « Salope » sont comme d’habitude repris en choeur par le public. Il sera ensuite temps de laisser brièvement le taxi au garage en attendant le mois d’août.

L’étincelle qui crée le feu: Venu tester son nouvel opus « L’oiseleur » sur les festivals, Feu! Chatterton se présente sur le Grande Scène dès 20H30. Histoire de rassurer son audience, le combo offre son célèbre « Boeing » et « Côte Concorde » en guise d’amuse bouche. Les titres du nouvel album s’enchaînent par la suite. Plus lisses que ceux de son prédécesseur, un brin moins rock, ils atteignent les festivaliers avec une force plus mitigée. Les déclamations d’Arthur, ses pas de danse portent pourtant le spectacle et ne manquent pas de créer l’étincelle. Le set avance alors qu’enfin l’incendie qu’est toujours feu! Chatterton en concert se déclare. Il ravagera le festival jusqu’à son final sur « La Malinche », Ho oui!

L’année prochaine: Les dates de l’édition 2019 ne sont pas encore connues mais ce secret devrait être bientôt dévoilé.

Texte : Julia Escudero

Photos : Kévin Gombert

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