FOXTROTT ©DR

L’astre boréal

 

Si la Montréalaise Marie-Héléne L. Delorme n’a pas encore eu la reconnaissance qu’elle mériterait dans nos contrées, elle est devenue et ce dès son premier album A tailer Us, nominé pour le prix Polaris, une artiste majeure au Canada et aux États-Unis. Depuis ses débuts en 2012, la Québécoise a su instiller une musique à la beauté étrange, innovante et ambitieuse. Une ambition encore décuplée sur son dernier effort studio en date, Meditations, série de trois EP  sortis sur One Little Indian Records, label notamment de Björk. L’ambition de ces disques était pour Foxtrott « d’explorer la relation complexe entre la vie intérieure et le monde extérieur ». Pour parvenir à ce projet, elle est allée enregistrer dans le sud-ouest du Mexique, à Oaxaca. Une immersion totale en Amérique Centrale qui a permis à la chanteuse d’ « y trouver l’énergie et le ton que je voulais ». Elle dit y avoir ressenti « une solitude heureuse, une intimité spirituelle, grâce à laquelle j’ai pu écouter et observer le monde extérieur. Les oiseaux, les animaux et la sirène de police que vous entendez dessus, sont d’Oaxaca. » Il en résulte une série de titres qui pourraient, de par leur intitulé, faire penser à une musique ambient intello à la Brian Eno, mais Foxtrott est plus organique que cela avec une pulsation chaude et électro où elle mêle les vibrations du dance-floor à une sensibilité pop, comme on avait pu l’entendre il y a plusieurs années avec sa délicate reprise du “There’s a light that never goes out” des Smiths. Avec Meditations I, II et III la jeune femme développe encore davantage que sur son précédent opus le côté émotionnel de sa musique.

 

Foxtrott – Meditations I, II et III / One little indian records

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Texte : Pierre-Arnaud Jonard


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