“La plus belle pour aller danser”

À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, le 8 mars dernier, Le Larron offrait une première « bêtise » de son projet Maître-Chanteuse. Un projet dans lequel il s’approprie des chansons écrites par ou pour des femmes. Après s’être inspiré des tourments de Mylène Farmer sur le terrain de l’ambiguïté sexuelle, le Parisien devenu Bordelais enfonce le clou avec l’une des chansons les plus coquines du répertoire yéyé. Non, il n’est point fait référence aux sucettes de Gainsbourg, mais des pensées érotiques que M. Aznavour offrit à Sylvie Vartan.

« Évincer toutes celles que tu as aimées/Je fonde l’espoir que la robe que j’ai voulue et que j’ai cousue point par point sera chiffonnée/Tu peux me donner le souffle qui manque à ma vie dans un premier cri de bonheur/Si tu veux ce soir cueillir le printemps de mes jours… ». Soyons clairs, sous ces innocentes paroles, se cache un ardent fantasme : le désir de la perte de virginité. Clairement chaud patate ! Au-delà des allusions érotiques qui se dissimulent entre les lignes de cette chanson, c’est surtout une amante qui affirme sa sexualité en 1964, dans une société où, rappelons-le, les femmes pouvaient à peine ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari.

Qu’on se le dise, celle qui souhaite être “La plus belle pour aller danser” est avant tout une ardente défenseuse du combat mené par Marguerite Yourcenar, et pas seulement une accro des parquets cirés des dancings. Mais revenons à nos moutons. “La plus belle pour aller danser” est aussi, et surtout aujourd’hui, le deuxième extrait de ce défi, cette parenthèse dans le travail d’auteur-compositeur-arrangeur du Larron qui propose de redécouvrir ces chansons d’une oreille différente, sous un autre jour. Rendez-vous dans trois mois pour sa prochaine version des pensées féminines.

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