Écoute la ville tomber

Ed. Rivages, 22,50 €

Kate Tempest, son livre "Écoute la ville tomber" « London’s burning... » scandait la bande à Strummer et Simonon, il y a quarante ans. Le fiévreux constat des punks a été remplacé par des complaintes insidieuses qui se perdent dans une ville grise. Sur celle-ci pèse un semblant de ciel, aussi lourd qu’un couvercle de plomb. Au loin du quartier de La City, il y a les rues et chicanes de l’Est londonien. C’est ici que gravitent les mondes de Kate Tempest. Cette artiste troue le paysage derrière un micro comme derrière sa plume. Au ton vindicatif de son album Let them eat chaos succède le labyrinthe d’histoires urbaines de son premier roman. Ça souffle, ça sniffe, ça souffre, ça siffle. Les personnages, lourds d’affaires familiales et professionnelles singulières, se retrouvent entremêlés dans cette pelote de vie où chaque parcours appartient à un même fil. Témoignage d’une jeunesse qui s’écrase sur le capot du monde contemporain, brûlant, et qui a perdu le sens de tout au fond du caniveau.

Valentin Chomienne


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