Wake the dead

Ici d’ailleurs / L’autre distribution

The Third Eye Foundation, leur album Wake the deadOn aurait pu douter de leur retour, huit ans après The Dark et au regard des récentes réalisations folk de Matt Elliott traversées d’éclairs de lumière bien éloignés de son sombre projet de drum’n’bass vicié. Pourtant, les promesses du nom sont tenue. Passée une introduction éponyme où claquements de percussions électroniques et chœurs élégiaques semblent soulever la chape recouvrant le monde et offrir une échappée vers l’infini, tel un long tunnel que l’on traverserait dans un état d’hébétude bouleversée.

Wake the dead déploie ses structures d’angoisse faites de boucles de basse lancinantes, de lents rythmes concassés, de détails superbes (violoncelle, textures et effets électroniques), de voix mais pas de mots si ce ne sont quelques insultes répétées dans une rage hallucinée sur “That’s Why”… Moins clinique que ses prédécesseurs, l’ensemble est d’une noirceur irrémédiable mais nuancée, parcouru de points névralgiques comme autant de blessures dans un corps rompu, qui s’abandonne à la force du néant, fosse commune des vivants et des morts.

>> Site de The Third Eye Foundation

À écouter en priorité : “Wake the dead”, “Procession for Eric”, “Do the crawl”.

JESSICA BOUCHER-RÉTIF


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