Les Hurlements d'Léo, leur album Luna de Papel sur Longueur d'Ondes

« Nous ne sommes pas hype ! »

La vague du rock alternatif français s’est éteinte depuis bien longtemps mais Les Hurlements d’Léo continuent vingt ans après leurs débuts à en être l’un des plus dignes héritiers. Il le prouve une fois encore avec leur nouvel album, Luna de Papel.

S’il y a un mot qui les caractérise depuis leurs débuts, c’est bien celui d’indépendance. Le groupe a su perdurer en dehors des modes et des maisons de disques, réussissant, au fil des années, à constituer autour de lui un public fidèle. Tout a toujours été fait dans le sens du collectif, à l’intérieur même du combo, puisque les membres du groupe ont même habité ensemble de 1995 à 2007. C’est pour garder cet esprit d’indépendance qu’avait été lancé un crow-founding pour la réalisation de ce nouvel album, Luna de Papel. Celui-ci a marché au-delà des espérances initiales. « On met notre indépendance dans la main des gens. Ils nous ont permis de réaliser cela. »

Les Hurlements d’Léo possèdent un idéal qui a les a vu construire une carrière autour des rencontres et des voyages (qui les auront menés dans près de quarante pays). Depuis ses débuts, le combo s’est entouré de groupes amis avec lesquels ils ont monté des tournées, sorti des disques : Les ogres de barback, L’enfance rouge, Les fils de Teupuh…« Pour nous, la musique est un prétexte à rencontrer des gens ».

C’est aussi une histoire d’amitié qui lie les membres entre eux car le groupe se construit comme un collectif à l’intérieur duquel chacun peut développer son individualité. « Nous sommes tous des personnages singuliers. Il faut que l’on retrouve ses singluratités au sein du pluriel.Chacun compose dans le groupe et c’est très important. Nous ne nous interdisons pas cependant de faire appel à des gens venant d’autres univers. Sur ce disque, « Social Traitre » et « Luna de Papel » ont été co-écrits par le parolier de Bashung, Jean Fauque ».

L’engagement est l’autre moteur des Bordelais qui les voient donner des concerts en soutien aux migrants ou écrire des textes impliqués :  « « Social-traitre » est un morceau sur comment la gauche a fait mal à la gauche. On est resté dans la poésie au niveau du texte. On ne condamne pas, on ne pointe pas du doigt. « Des Hauts, des bas » c’est pour exprimer une envie que les choses se nivellent par le haut car la tendance culturelle actuelle est de niveller malheureusement vers le bas ».

Malgré cet engagement, les musiciens ne revendiquent aucune appartenance politique. « Nous jouons souvent à la Fête de l’Huma mais nous ne sommes pas au PC. Cette fête est une vraie fête populaire et on  y retrouve le public que l’on côtoie toute l’année. C’est la plus grande fête à la saucisse sans que cela soit dit de façon péjorative de notre part. Là-bas, on se retrouve avec des gens dont on se sent proches. On y trouve un salon du livre qui est bien mieux que la Fnac, avec des auteurs qui sont souvent des amis. C’est un espace de parole rare« .

Cette dimension politique se retrouve également dans la façon dont se décrit Les Hurlements d’Léo  : « Nous sommes des artisans. On sort un album tous les deux, trois ans pour légitimer le fait d’aller jouer. Nous voulons travailler de façon artisanale. Nous faisons tout nous-mêmes : les envois d’ albums, les réponses aux mails. On s’occupe même de fixer le prix des places de nos concert ».

Les Hurlements d'Léo, leur album Luna de Papel sur Longueur d'Ondes

 

Mais tout n’est cependant pas politique chez eux. « Nous parlons d’amour. Il y a de nombreux morceaux sur cet album qui le célèbre. L’amour, c’est la vie et ça apporte beaucoup de solutions. Il est important de s’aimer. » Ce besoin de donner de l’amour à son public, Les Hurlements d’Léo le montre une fois encore, avec une tournée gigantesque qui les verra parcourir tous les recoins de l’Hexagone. « Il y a des groupes hype qui font une tournée de quinze dates, mais nous ne sommes pas hype. Nous allons où il y a de la vie ».

 

>> Site Les Hurlements d’Léo

Pierre-Arnaud Jonard


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