L’univers intimiste d’un Robinson

Foé, c’est le projet solitaire d’un Toulousain. Un projet chargé d’émotions brutes qui trouve sa genèse dans un coup de cœur littéraire. Ou plutôt un deal familial : celui de lire Robinson Crusoé en contrepartie d’une casquette de base-ball que les yeux d’un jeune Nicolas regardaient avec convoitise. Aujourd’hui, le jeune artiste se livre viscéralement, guidé par son cœur, sur un premier album mature et profond, îl (Tôt ou tard), entre lyrisme et rythmes chaloupés. Confidences en 7 variations d’un brillant touche-à-tout.

Robinson Crusoé

Je m’appelle Nicolas alias Foé. J’ai 21 ans et viens de Toulouse. Mon nom de scène est tiré de l’auteur du livre “Robinson Crusoé”, Daniel Defoe. Ce livre m’a pas mal inspiré dans l’écriture de mes premières chansons plus jeune. Fin avril sort mon premier album “îl” que j’ai écrit, composé et réalisé en partie. Le titre « îl » est un néologisme du pronom personnel “il” qui désigne l’autre. Je raconte les histoires d’autres personnes de mon point de vue, mais “îl” est aussi un clin d’œil à l’île de Robinson. Finalement, mon île à moi, c’est ma chambre toulousaine où j’ai créé toutes mes chansons”.

Faits réels ou pure fiction ?

“Toutes mes chansons sont inspirées de faits réels. Mais du haut de mes 21 ans, je n’ai pas la prétention d’avoir suffisamment de choses à raconter pour écrire sur ma propre vie. Du coup, j’ai préféré raconter mon entourage. Même si à la première écoute on entend beaucoup de mélancolie dans cet album, il y a souvent de l’espoir. J’essaie de faire passer de l’émotion en racontant les histoires qui m’ont touché, mais j’aime bien la couleur aussi. C’est pour ça que j’essaie ne pas tomber dans une écriture trop sombre. En ce qui concerne les mélodies et la production, je suis passé par beaucoup d’étapes dans mon adolescence du rock au rap, du classique à l’électro. Cet album, c’est un peu un mélange de tout ce qui m’a bercé pendant 21 ans”.

 

“Bouquet de pleurs ”

“Ce titre, c’est un grand frère qui raconte à sa petite sœur toutes les désillusions amoureuses durant le passage de l’adolescence à la vie adulte, et les erreurs que l’on peut commettre. Finalement, dans un bouquet, il y a aussi des épines et ce sont ces épines que je raconte à ma petite sœur. C’est une sorte d’avertissement. J’ai eu la chance de tourner ce clip avec Colin Solal de La Blogothèque. J’avais envie d’un lieu qui m’est familier, et on s’est retrouvé à la Piscine Nakache, à côté de chez moi, où j’ai pu interpréter cette chanson en live, ce qui me tenait à cœur pour ne pas perdre l’émotion de la chanson”.

 

 

Carnets de route

“Au début, j’étais vraiment timide. Je me suis retrouvé rapidement devant beaucoup de monde en faisant les premières parties de Vianney dans des Zéniths, mais ça a été une bonne école. Maintenant je travaille des sets plus longs pour j’espère un jour conquérir mon public !”.

 

Mémoires d’artiste

 “Lors de la dernière date de Zénith à Rouen, je trouvais le public particulièrement réceptif. J’ai pensé ça y est j’ai capté un truc, mais en réalité Vianney et son équipe étaient juste venus danser en ombre chinoise derrière ma scénographie… Comme je ne regarde jamais derrière moi, en sortant de scène, j’étais trop content de ma prestation et après j’ai vu des vidéos… Malaise !”.

Et demain ?

Le 17 avril release party, le 20 sortie de l’album, le 26 Printemps de Bourges, le 9 juin l’Accorhotels Arena en première partie de Vianney, 11 juillet les Francofolies de La Rochelle, et entre tout ça, des premières parties de beaux artistes… À chaque fois c’est super enrichissant, mais flippant !”.

Une découverte francophone à partager ?

“J’aime beaucoup en ce moment le dernier album de Clara Luciani, il y a un an l’album de Juliette Armanet et de Rone. Deux artistes que j’apprécie beaucoup également aussi, Suzane et Eugénie”.

>> Site de Foé

 

Propos recueillis par : Sébastien Bance

Photos : Sébastien Bance


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