2 février 2018, Palais de la Porte Dorée (Paris)

Des nappes synthétiques un peu anxiogènes accompagnent les spectateurs le long d’un couloir blanc. Le sol est en mosaïque. C’est le cadre atypique, exclusif et magnifiquement art déco, tout en angles droits, du Palais de la Porte Dorée que Zombie Zombie présente son nouvel album Livity. Au fond de la pièce, sur une scène éphémère rappelant le dispositif d’un festival d’été mais à l’intérieur, deux batteries se font face ainsi qu’une impressionnante série de synthés, sorte d’usine à gaz composée de boutons et de câbles électriques. Alors que l’écran géant en fond de scène projette des images de l’océan déchaîné ou de la flore sous-marine, la musique commence… La frappe conjuguée des deux batteurs est impressionnante, le dialogue musical vire au duel paroxystique, la lutte est intense pour exploiter le moindre espace disponible jusqu’à atteindre une sorte de transe tribale. Lorsque le saxophone et le bugle entrent dans la danse, la musique vire alors au free jazz planant teintée d’influences orientales. Silence impressionnant du public. Derrière ses machines, Etienne Jaumet mène le bal. Les sons qui s’échappent de ses synthés vintage évoquent la B.O.d’un film oublié de John Carpenter (Zombie Zombie, vraiment, quel nom de groupe judicieux en l’espèce). L’électro glaciale, mais dansante, se nappe d’influences cold wave eighties, lointaine cousine de celle d’Arnaud Rebotini. C’est à un véritable voyage dans le son que nous a convié le trio le temps de cette soirée exceptionnelle.

 

>> Site de Zombie Zombie 

 

TEXTE: Régis Gaudin

PHOTOS : David Poulain


Publié le