La mutation

Grand espoir de la scène rock marseillaise il y a quelques années, on avait un peu perdu de vue Dissonant Nation. Ils nous reviennent en grande forme avec un superbe album qui devrait les voir devenir un groupe majeur.

Un peu hâtivement catalogués dans la mouvance bébés-rockeurs, Dissonant Nation a su s’affranchir des étiquettes. Leur nouveau disque s’oriente ainsi vers un son plus pop. Cette nouvelle approche est sans doute due en partie à la production de Simon Henner, plus connu sous son pseudo de scène, French 79. « Simon a une culture musicale rock même si ce n’est pas son unique univers. Il sent bien les choses. On a construit avec lui quelque chose de plus moderne. Il a un bon sens du gimmick. Dans sa façon de travailler, il est très méticuleux ce qui nous a aidés par rapport à notre côté rock’n’roll un peu bordélique. On avait déjà bossé ensemble lorsqu’il avait remixé un single de notre premier album. On a réussi à garder notre côté rock en intégrant des codes plus électros. Nous sommes très contents de ce mélange. »

Dissonant Nation à Marseille (La Friche)

Le groupe a également travaillé pour ce disque avec Nicolas Dick, producteur marseillais et tête pensante de Kill The Thrill, ce qui donne à certains titres une influence indus et un côté ésotérique à la Radiohead. Des mélanges combinés à des influences musicales très 90’s comme Primal Scream, les Dandy Warhols ou Suede. « Ces derniers nous ont marqués notamment dans la façon d’appréhender les vocaux. »

Dissonant Nation aime piocher de ci de là avec un sens de la pop culture évident comme on peut l’entendre sur “Who killed the president”. « Oui, on écrit des morceaux sur Kennedy mais aussi sur des moments de vie, des films qui nous ont marqués. Chaque titre a son histoire propre mais c’est aux gens de se les approprier. »  C’est peut-être cette pop-culture qui a décidé le groupe à n’utiliser que l’anglais. « Quasiment tous les titres écrits étaient dans cette langue. Il aurait été étrange de n’avoir qu’un ou deux morceaux en français. Ceci dit, on ne s’interdit pas d’y revenir dans le futur. Pour le prochain album, ou plus tard. »

Après la sortie du disque, le groupe, qui excelle sur les planches (en attestent leurs live explosifs), tournera au printemps 2018 et vise la programmation des festivals d’été. « Pour l’étranger, on verra plus tard. On a tourné en Asie en 2014. Cela avait été une expérience super enrichissante, mais chaque chose en son temps. »

 

 

DISSONANT NATION

Agitato Charismatic

Le second album du trio est une vraie réussite, un excellent disque pop-rock. Les compos sont presque toutes superbes et la voix de Lucas Martinez n’a sans doute jamais été aussi belle. Dès les premières notes de “Lights out”, on est pris sous le charme du combo. La suite se révèle tout aussi palpitante. Des morceaux comme “Monte Carlo” ou “South of France” sont de vraies pépites pop qui n’ont rien à envier à la production anglo-saxonne. Avec “Cry”, le groupe tient peut-être son premier vrai hit. C’est en tout cas le destin qu’on souhaite à cette chanson au refrain accrocheur qui ne vous lâchera plus. Incontestablement, Agitato Charismatic risque bien d’être l’album de la consécration pour les Marseillais.

>> Le site de Dissonant Nation

Texte : Pierre-Arnaud Jonard

Photos : Christophe Crénel

 

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