SCH-DanPier

Du 20 au 26 novembre, à La Défense et à La Seine Musicale (92).

CURRICULUM VITAE : Pour sa 29ème édition, le Chorus est placé sous le signe de la nouveauté. En effet, outre le changement exceptionnel de dates (du 20 au 26 novembre et non plus avril), le festival prend ses quartiers pour la première fois à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt, le temps du week-end. Un défi de taille pour l’organisation, qui passe ainsi d’un site ouvert où il faut installer les scènes, à un espace clos où les salles de concerts existent déjà, nécessitant ainsi une reconfiguration du festival. Néanmoins, pour que la transition ne soit pas trop brutale, la scène du Magic Mirror a posé ses valises, entre les tours de La Défense pour les concerts gratuits de la semaine, lors de la pause déjeuner et le soir, en afterwork.

MÉTÉO : Un froid sec pendant la semaine, là où Dame Pluie s’invite pour les représentations du week-end. Mais on enlève vite nos vestes une fois à l’intérieur, pour pouvoir danser en rythme.

DÉFI : Avec cette nouvelle formule, l’équipe du Chorus réussit un autre défi de taille, celui de conserver sa dimension intergénérationnelle. On y découvre ainsi les têtes d’affiches telles que le crooner Gregory Porter, le mélodiste Thomas Azier ou encore l’icône du rock français Catherine Ringer, Rover, Møme. Les voix montantes ne sont pas en reste, avec la présence notamment d’Eddy de Pretto et de Roméo Elvis x Le Motel.

ET ON MONTE LE SON : En ouverture de cette semaine, on retrouve Mat Bastard sur la scène du Magic Mirror. Tournée la page du groupe Skip the Use, au profit d’une carrière solo, où les sons punk-rock et électro s’entremêlent. Une nouvelle signature musicale qui met le feu. Autre style, autre ambiance : nous sommes vendredi midi, toujours entre les tours de La Défense, au Magic Mirror, entrent en scène les Berywam, quatre beatboxers dont l’un d’entre eux, MB14, a été révélé par l’émission The Voice. Ces colocataires musicaux toulousains réussissent, par la simple maîtrise de leur voix, à mettre une ambiance phénoménale dès leur premier titre. C’est déjà le weekend et voilà que samedi soir, avec un léger retard, Møme monte sur scène. Pas besoin d’être féru d’électro pour immédiatement entrer dans le set qu’il propose. Inspiré de ses déambulations australiennes, celui que le Tremplin du Chorus a jadis révélé, entraîne le public dans un roadtrip maîtrisé.

COUP DE CŒUR : Il fait partie des grands espoirs de la chanson française. Eddy de Pretto, découvert lors du dernier Printemps de Bourges, le Parisien ne laisse pas indifférent. Outre son physique juvénile et sa blondeur translucide reconnaissables parmi d’autres, sa poésie musicale côtoie tantôt le rap, tantôt la pop-électro. Accompagné uniquement d’un batteur sur scène, c’est aux commandes de son iPhone qu’il enchaîne ses morceaux.

TALENT À SUIVRE : Coely. Et si le rap s’écrivait au féminin ? Comme ses compères Roméo Elvis et JeanJass et Caballero, la demoiselle arrive tout droit de Belgique. Accompagnée d’un DJ caché dans l’ombre, elle distille ses bonnes ondes sur fond de hip-hop et de soul. De quoi faire réagir le public parisien au quart de tour, venu en masse pour assister à ses premiers pas sur une scène française. Forte d’un EP éponyme sorti en juin dernier, puis d’un premier album (Different Waters) dans les bacs depuis début novembre, la jeune pousse attise la curiosité. La relève du rock français est également emprunte de féminité avec le quatuor de Therapie Taxi et ses textes sans concession, ou vulgaires juste comme il faut pour choquer, donnent du mordant à cette programmation variée.

ALORS, ON DANSE : Catherine Ringer fait partie du paysage de la scène française depuis une trentaine d’années et ne s’est jamais assagie. Avec ses nouvelles compositions, issues de son album Chroniques et fantaisies, le public est rapidement transporté et heureux. Sa voix, son charisme et son élégance continuent de faire vivre l’esprit des Rita…

LES PLUS :

La programmation éclectique et intergénérationnelle.

Le décor, la Seine Musicale.

Les concerts gratuits qui attirent les costumes cravates dans un cadre festif pour la pause déjeuner.

La multitude de food trucks à la Seine Musicale.

Une acoustique hors pair.

La part belle donnée, comme à chaque édition, aux jeunes pousses.

LES MOINS :

La frustration de devoir s’extirper d’un concert pour aller en écouter un autre.

La disposition des cinq salles de la Seine Musicale est déroutante à l’arrivée sur site.

L’équipe qui connait encore peu le site et peine à aider les spectateurs.

Les concerts programmés sur les mêmes plages horaires et qui laissent d’autres temps trop creux par la suite.

Une programmation axée majoritairement sur les musiques urbaines le dernier jour.

 

Texte : Clémence Rougetet et Julia Escudéro
Photos : Dan Pier et Clémence Rougetet

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