“Wrong side”

Aux antipodes de leurs précédents clips graphiques et visuels, à la sauce « sexy and crazy », le groupe le plus déjanté de la scène française enfonce le clou avec un nouvel extrait de leur sixième album The evol qui sera disponible le 17 novembre prochain. Et c’est un clip cinématographique puissant autant que surprenant, réalisé par Frédéric de Pontcharra, qui vient magnifier “Wrong side”. Bien qu’aucun membre n’y apparaisse, pas même Goz, la mascotte du groupe d’électro-rock français, l’esprit et l’énergie dévastatrice de Shaka Ponk restent intacts. Tout comme le morceau, ce court métrage, qui contraste avec le précédent “Mysterious ways” est bouleversant, dérangeant et profond. Tourné en noir et blanc, le récit nous fait suivre les pas d’un jeune homme tourmenté, perdu dans un monde en proie à la violence et à l’intolérance, luttant pour ne pas s’égarer du mauvais côté de la route. On assiste à l’évolution d’un personnage, qui bascule naïvement dans la haine et la xénophobie, influencé par l’absurdité d’un groupe adulant le nazisme, bien qu’il n’y adhère pas vraiment. Un homme que l’on déteste profondément, mais que l’on suit, depuis l’origine de sa haine jusqu’à la prise de conscience où il trouvera son chemin de rédemption. De forts messages comme celui de la tolérance et de la fraternité sont clairement portés à travers ce clip. Mais il serait réducteur de limiter cette œuvre à une simple analyse manichéenne. Au-delà de ce condensé de haine et de violence extrême, c’est surtout un pamphlet fustigeant la pensée binaire. Celle qui vous isole, vous entrave dans une vision dogmatique de notre monde, affecte vos relations, vous avilit. Cette pensée qui vous persuade qu’une seule route est possible. La loi du tout ou rien.

Une leçon de vie, un discours qui, sans être moralisateur, va à l’encontre de toutes les idéologies incitant à la haine et prêche le bilan divinement démontré dans l’épilogue d’American history X : « La haine est une saloperie, la vie est trop courte pour passer son temps à avoir la haine, ça n’en vaut pas la peine ».

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