Faire ©Carolyn C - Longueur d'Ondes

L’amour, sauvagement

Le nom du groupe étonne ou fait sourire, et une des premières questions que l’on se pose c’est pourquoi FAIRE ? « Étant donné que l’on ne faisait que de l’improvisation au début, il y avait vachement de sens à s’appeler FAIRE, puisque même nous on ne savait jamais ce qu’on allait faire. […] Un verbe d’action quoi ! ». Amis depuis le collège, le trio parisien vient de sortir son troisième projet, C’est l’été, un EP 6 titres qui vacille entre ballades électroniques, délires techno-psychés et chansons yé-yé shootés aux phéromones. Mais pour éviter de leur infliger des étiquettes un peu maladroites, ils inventent leur propre courant : « la Gaule-Wave, de la musique française excitante ». Car oui, que ce soit dans les paroles ou sur scène, Simon, Raphaël et Romain entretiennent leur marque de fabrique, oscillant entre la sensualité d’un crooner, la liberté sexuelle hippie et la décadence d’une orgie romaine, sans jamais pour autant sombrer dans une imagerie trash.

Évidemment, le public ne reste pas de marbre puisqu’à chaque concert une sorte d’euphorie s’abat brutalement sur une foule alors en transe : « Il y a des tas de gens que l’on n’a jamais vu de notre vie qui viennent, qui se foutent à poil et qui dansent avec nous. ». C’est cette légèreté si punk finalement qui fait que chaque concert de Faire est un événement ; car là où les nappes de synthés s’entrecroisent, naît une certaine naïveté infantile où la sexualité devient abstraite. La pochette où ils courent nus dans la campagne reflète assez bien cette sensation de liberté, cette « simplicité de courir à poil dans l’herbe, où tu te rends compte que la vie c’est quand même super agréable », un visuel et une musique gorgée de leur leitmotiv : « Vivons tous ensembles, tout nus, faisons l’amour et tout se passera mieux. »

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Texte : JD Manso-Peters

Photo : Carolyn C

 

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