Bamao Yende ©Mikael Fakhri

Le beat dans la peau

Ce trublion de Cergy semble bien décidé à faire transpirer les dancefloors en agitant moultes particules sonores. Car ici se croisent pêle-mêle de nombreuses influences, empruntant aussi bien aux rythmes des percussions africaines qu’aux basses fréquences d’un beat racoleur. « Mes sources d’inspiration principales sont le UK garage, le R’n’B des années 2000, le coupé-décalé ivoirien inspiré par le groupe Jet Set mais aussi le Kuduro et j’en passe. » En résulte un cocktail des plus toniques, taillé pour résonner dans les clubs et autres lieux destinés à “s’enjailler”. « Avec ce projet musical, je voulais faire danser les gens, déverrouiller les bassins. En résumé, je fais ce que l’on pourrait appeler une house teintée de garage et d’afrobeat… ou autre selon mes humeurs. Je travaille sur différents projets, des productions hip-hop sont en cours. »

Aussi bien musicien (pianiste de formation) que producteur et DJ, le Camerounais possède plus d’une corde à son arc pour faire remuer les culs du monde entier. Résident sur la radio Rinse FR, créateur d’un label indé qui commence à résonner, le garçon affirme sa place dans cet univers éclectique qu’est l’électro. Quid de l’influence des musiques africaines sur cette scène ? Bamao tire ce constat : « En ce moment les clubs laissent plus de place à d’autres sonorités que la techno linéaire et la house classique car les gens y sont réceptifs. On peut aussi remarquer que les productions mainstream attestent de rythmes plus saccadés qu’il y a dix ans, c’est un fait. » Une nouvelle branche musicale de l’électro faisant la part belle aux sons africains semble donc se dessiner, et Bamao Yendé a toutes les cartes en main pour en être l’un des fers de lance. L’avenir appartiendra à ceux qui feront assez de boucan pour se faire entendre.

 

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Texte : Julien Naït-Bouda

Photo : Mikael Fakhri

 

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