©Denoual Coatleven @Rock en Seine 2017 - Longueur d'Ondes

25, 26 et 27 août 2017

Domaine National de Saint-Cloud / Hauts-de-Seine

 

CADRE : Plein air, au cœur de jardins historiques dessinés par Le Nôtre.

 

MÉTÉO : Moite et boueux le vendredi, beau temps et chaleur torride sur l’ensemble des 3 jours.

 

LA CARTE D’IDENTITÉ : 15e édition de ce grand festival francilien qui clôture la saison d’été, une année de transition après le récent rachat du festival par Matthieu Pigasse, homme d’affaire, alors que François Missonnier en reste le dirigeant. Plus de 75 groupes sur 3 jours, une 6e scène et 110 000 festivaliers avec carton plein le samedi ! Encore un franc succès.

 

LES PLUS :

– Du très bon son dans l’ensemble.

– Un choix important et varié de concert et style musicaux.

– Des activités culturelles en marge des concerts : l’Exposition Harcourt, le Village du Disque, et des nouveautés telle que Première Seine, dispositif de repérage des groupes amateurs.

 

LES MOINS :

– Les têtes d’affiche qui jouent de plus en plus tôt dans l’après midi.

– Parfois 4 groupes qui se produisent quasiment en même temps.

– Les kilomètres à parcourir pour aller d’une scène à l’autre.

– De moins en moins rock pour un festival rock.

 

LA DÉCOUVERTE : Roméo Elvis X Le Motel : Voix ultra basse et flow tranquille, ce grand garçon incarne depuis deux, trois ans la nouvelle vague du rap belge. Cet enfant de la balle revendique l’influence des génies comiques de son pays (François Damiens, Benoît Poolvoerde ou Laurence Bibot, sa mère) et un bestiaire de cartoons. Il dit « Bruxelles arrive » sur fond d’électro à la coule, et on a plutôt envie de le croire. L’absurde en plus, un sens de la punchline un poil moins aiguisé, on le range dans la même catégorie qu’Orelsan. Un phénomène qu’on suivra.

 

LES INCOUTOURNABLES :

Franz Ferdinand : Ce sont des habitués de l’endroit et on comprend pourquoi. Faute d’être une très grosse tête d’affiche, le groupe écossais assure le spectacle avec son « rock qui fait danser les filles » – et les garçons avec, serait-on tenté d’ajouter. Le chanteur Alex Kapranos tient la boutique sans problème avec un enthousiasme assez communicatif. Dommage que le charismatique guitariste Nick Mc Carthy ait pris le large. L’archiduc d’Autriche ressuscité s’envole vers un cinquième album, on lui réserve une petite place dans notre panthéon.

 

Mais aussi : Bonne et très dynamique prestation des Texans de At The Drive-In, plus calmes mais néanmoins excellents concerts de The Jesus and Mary Chain et de Black Lips pour achever la première journée.

Une seconde journée marquée par JAIN offrant gaité et bonne humeur, faisant danser la foule et s’offrant au final une petite balade au-dessus du public dans une grosse bulle de plastique. Toujours un immense plaisir de retrouver le duo de The Kills avec leur rock sauvage et sensuel, programmés trop tôt, dommage. Dernier jour du festival, Cypress Hill, énorme succès et ambiance de folie, le sol en a tremblé.

 

LES COUPS DE CŒUR :

Frustration : Du monde pour le concert des français pourtant programmé en même temps que celui de PJ Harvey ! Rage savamment dosée, mélange de sons punk-rock et cold wave, concert jubilatoire et authentique ! Merci pour ce pur moment de plaisir !

The Lemon Twigs : On est tout de suite frappé par le contraste entre leur jeunesse et leur look vintage, bien que leur musique n’ait rien de désuète ! Groupe Newyorkais mené par deux frères compositeurs, chanteurs et multi instrumentistes, échangeant leur place entre batterie et guitare, quelque chose de Queen et de Bowie. Influencés entre autre par les Beatles, ça joue, ça bouge, ça fait des bonds, un vrai régal.

 

SURPRENANT : Sleaford Mods : duo anglais minimaliste étonnant, pas d’instrument, juste un portable posé sur une caisse de bière, Andrew Fearn avec une bière à la main qui bouge la tête et qui appui sur le bouton de l’ordi entre deux chansons, et Jason Williamson qui déverse un flot de paroles enragées et cinglantes, poésie d’injures sans mélodie et sans artifice. Une prestation incroyable, du punk à l’état pur.

 

LE GRAND MOMENT : PJ Harvey : Elle était déjà là à la toute première édition de RES. PJ Harvey a sans doute été la meilleure raison de se déplacer au Domaine de Saint-Cloud le week-end dernier. Avec son super groupe plein de sax, de guitares et de tambours, cette grande prêtresse du rock « Made in UK », a donné un concert magistral. Elle revisite son répertoire et notamment ses deux derniers albums (Let England Shake, The Hope Six Demolition Project) d’une manière qui vous donne la chair de poule. Et quand elle lâche les chevaux, bien malin qui pourrait lui damer le pion…

 

DÉCEPTION : Mac DeMarco : C’est sûr, Mac DeMarco a tout l’air d’un type sympa. Il fait monter des gens sur scène, porte sur ses épaules un spectateur ravi d’être là et sa pop ne ferait pas de mal à une mouche. C’est bien là le problème, d’ailleurs. Si on n’a rien contre les gens rigolos – au contraire…-, n’est pas Zappa qui veut. La grande question est même : bon dieu, qu’est-ce que ce gars vient faire sur une grande scène ? Même après une bonne nuit de sommeil, on n’a pas trouvé de justifications valables.

 

L’AN PROCHAIN : Le festival aura lieu, à priori le dernier week-end d’août. Après les départs de Salomon Hazot (Nous production) et de Christophe Davy (Radical production), l’édition 2018 sera véritablement la première de l’ère Matthieu Pigasse. Tout semble à reconstruire, à priori dans la continuité.

 

>> Site de Rock en Seine

Texte : Valérie Billard et Bastien Brun

Photos : Denoual Coatleven et Patrick Auffret

Publié le