Amor Blitz en entrevue dans Longueur d'Ondes

Guérilla pop

Ta jalousie est un drone : le titre claque, amuse, inquiète. Il sonne également tel un manifeste qui ouvrirait le premier album de cette formation strasbourgeoise. « En 2013, je cherchais des personnes pour jouer en live les premiers titres que j’avais écris et enregistrés », explique Emmanuel Szczygiel (chanteur, guitariste). « Après moult concerts et évolution du line-up, nous sommes dorénavant quatre. Une team unie pour la pop, au sens le plus noble du terme. » Au sens le plus large, aussi : car difficile de cataloguer le travail du groupe, difficile de lui trouver une généalogie claire (la jangle pop s’associe au garage ?). Refus de se stabiliser dans une case musicale précise ? « Oui c’est l’envie de rester libre. La ligne directrice du groupe est simplement de vouloir écrire des titres en français avec exigence et patience, que ce soit autant intéressant musicalement qu’au niveau de la voix ou des textes. On se laisse le temps et la possibilité de tenter des trucs. Au final, sur notre premier album, le fil conducteur reste quand même la voix, le choix de certains effets, des instruments et aussi de quelques récurrences dans les structures. »

L’importance de la langue française ? « Grandissant en France, ça n’a pas été un choix mais un réflexe naturel. Le mythe disant que « le français ne sonne pas bien musicalement » a toujours été une absurdité pour moi et malheureusement cela a sans doute complexé beaucoup de groupes du coin. Certains voient ce retour du français comme une mode, moi je le vois surtout comme un retour à la normale. Quand on s’exprime artistiquement, il est primordial, à mes yeux, d’y inclure en partie sa propre culture, et en musique, la langue maternelle fait partie de ça. » Et donc : Ta jalousie est un drone, fiction ou autobiographie ? « C’est une biographie enrobée de fiction », conclut Emmanuel.

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Texte : Jean Thooris

Photo : Antoinette Marchal

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